Ituri : 716 personnes handicapées en détresse humanitaire à Rhoe
Ituri : 716 personnes handicapées en détresse humanitaire à Rhoe
AFP
Sur le site de déplacés de Rhoe, dans le territoire de Djugu, 716 personnes en situation de handicap vivent dans une extrême vulnérabilité depuis plusieurs mois. Le comité de gestion du camp tire la sonnette d’alarme, dénonçant à la radio onusienne les conditions de vie déplorables de ces individus, déjà fragilisés par des traumatismes physiques et psychologiques, et aujourd’hui totalement démunis.
Selon les informations rapportées par la Radio Okapi, dans cette région de l’Ituri, marquée par l’insécurité chronique et la présence active de groupes armés, ces personnes se retrouvent dans l’incapacité de subvenir à leurs besoins de base. Leur mobilité réduite et l’environnement hostile les rendent dépendantes d’une aide humanitaire devenue quasi inexistante.
« Ces personnes manquent de tout : nourriture, médicaments, vêtements, produits d’hygiène… Même le savon fait défaut », déplore un membre du comité local des déplacés.
La situation est d’autant plus critique que de nombreux enfants en situation de handicap, ou vivant avec leurs proches affectés, sont privés d’accès à l’éducation, faute de moyens pour se rendre à l’école.
Le comité plaide pour une assistance d’urgence, mais aussi pour des solutions à moyen terme : des programmes de formation professionnelle et des activités génératrices de revenus permettraient à ces personnes de regagner une forme d’autonomie. En parallèle, il appelle les autorités politico-militaires à rétablir la sécurité, condition indispensable pour envisager un retour volontaire dans leurs villages d’origine.
Le site de Rhoe accueille actuellement près de 53 000 déplacés ayant fui les violences des groupes armés dans plusieurs localités de Djugu. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : rien qu’en 2024, plus de 300 cas de violences sexuelles et basées sur le genre y ont été recensés.
Selon l’infirmier responsable de la zone de santé de Blukwa, nombre de victimes sont des jeunes filles déplacées, souvent contraintes à la prostitution de survie. Une réalité qui les expose fortement aux infections sexuellement transmissibles et renforce leur précarité, rapporte la Radio Okapi.
Face à cette crise silencieuse, le comité de gestion du site de Rhoe appelle le gouvernement congolais, les partenaires humanitaires et les agences internationales à une mobilisation rapide. L’amélioration des conditions de vie des personnes en situation de handicap doit devenir une priorité.
Au-delà de l’urgence, il s’agit aussi de restaurer la dignité et l’espoir d’une population oubliée. À Rhoe, des milliers de déplacés attendent encore une réponse concrète qui leur permettrait, enfin, de tourner la page de l’exil forcé.
Samuel Nakweti
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