Climat et environnement La RDC renforce sa transparence climatique

La RDC renforce sa transparence climatique

Photo de famille entre ministre, Eve Bazaiba, partenaires et acteurs impliqués dans la CDN en RDC. Crédit photo : Beto.cd
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 3 JUIN 2025 - 22:22 WAT · 4 min de lecture

La République Démocratique du Congo (RDC) a réaffirmé son engagement en faveur de la transparence climatique, une démarche cruciale pour assumer ses responsabilités dans le cadre de l’Accord de Paris. Lors du lancement du Système National de Transparence axé sur l’inventaire et le suivi de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN), la ministre d’État en charge de l’Environnement et du Développement durable, Ève Bazaiba, a souligné l’importance de collecter et de communiquer des données climatiques fiables pour honorer les engagements pris dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. L’événement a eu lieu le mardi 3 juin à Kinshasa.

« La transparence climatique représente une valeur ajoutée stratégique pour le pays, allant au-delà d’une simple exigence administrative. Cette transparence accrue va améliorer la crédibilité des actions du gouvernement et constituer un levier indispensable pour mobiliser la finance climatique », a-t-elle déclaré.

Mobilisation des parties prenantes et soutien international

De son côté, Benjamin Toirambe, secrétaire général à l’Environnement, a affirmé que « le succès de ce système dépendra de la mobilisation de toutes les parties prenantes ». Il a mis en avant la nécessité d’élaborer un tableau de bord national alimenté par des données sectorielles et appuyé par une gouvernance énergétique efficace.

La RDC bénéficie de l’appui de l’Initiative pour la Transparence de l’Action Climatique (ICAT) afin d’affiner ce processus. Pour les bailleurs de fonds et les membres de cette initiative, la transparence est essentielle au développement économique et à la mise en œuvre des engagements climatiques. À l’instar des autres pays signataires de l’Accord de Paris, la RDC est appelée à s’approprier pleinement cette démarche.

« La transparence climatique est également un enjeu majeur pour la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. La RDC doit rendre compte de ses actions en matière de lutte contre les changements climatiques, y compris la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation aux impacts du climat. C’est un modèle universel qui aide à la collecte et à la communication autour des contributions déterminées nationales des États », a précisé Lucia Cortina Correa, responsable de l’ICAT.

Martine Badibanga, Point Focal pour la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), a insisté sur la nécessité de répertorier tous les projets en cours à travers le pays, afin de créer une plateforme nationale de transparence, incluant un site internet pour centraliser les données collectées.

« Nous devons vérifier tous les projets en cours en RDC ainsi que tous les financements mobilisés dans le cadre des projets REDD+. Il nous faut élaborer une feuille de route claire pour établir une plateforme nationale de transparence, avec un site web servant de bibliothèque virtuelle des données collectées, traitées, évaluées et analysées », a-t-elle souligné.

Le rôle de la société civile environnementale

La société civile environnementale perçoit ce projet comme structurant et réalisable. Chaque organisation est appelée à jouer un rôle essentiel dans la réussite du processus de soumission de la CDN de la RDC.

« Nous saluons évidemment cette initiative portée par la Convention. Il faut s’assurer que les données présentées soient véridiques pour garantir que les paiements correspondent aux efforts réels consentis par les États et les entités concernées. Une année de projet pour quel impact ? Le MEDD devrait capitaliser sur le modèle développé par l’ITIE dans les secteurs extractifs, dont les forêts font partie », a suggéré Blaise Mudodosi, expert national sur les droits forestiers et les sauvegardes REDD+.

Pour ce cofondateur de l’ONG Actions pour la Promotion et la Protection des Peuples et Espèces Menacés, la CDN de la RDC pourrait être soutenue à plus de 80 % par des financements extérieurs.

« Tout cela sera possible grâce à une bonne gestion et à une communication transparente. Les bailleurs pourront alors faire confiance à notre gouvernement dans ce processus », a-t-il conclu.

En intégrant pleinement la transparence climatique dans ses engagements internationaux, la RDC entend renforcer la confiance des investisseurs, faciliter l’accès aux financements climatiques et garantir l’efficacité de ses actions contre les changements climatiques.

Albert Einstein M

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B
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