Levée d’immunité de Kabila : le Sénat renvoie la décision à une commission spéciale
Joseph Kabila, ancien président de la RDC au Sénat
AFP
Le suspense reste entier autour de la demande de levée de l’immunité parlementaire de Joseph Kabila. À l’issue d’une séance plénière exceptionnelle tenue ce jeudi 15 mai au Palais du peuple, les sénateurs congolais ont décidé de renvoyer l’examen de cette affaire brûlante à une commission spéciale, chargée de rendre son rapport dans un délai de 72 heures.
La Chambre haute du Parlement, réunie pour examiner cette requête jugée sensible, n’a pas tranché. Malgré des heures de débats parfois tendus, aucune décision définitive n’a émergé de cette réunion. Le traitement du dossier de l’ancien président de la République, aujourd’hui sénateur à vie, se poursuit donc dans la discrétion, à huis clos.
Cette posture révèle les profondes divergences au sein de l’hémicycle. D’un côté, une frange de sénateurs se montre favorable à la levée de l’immunité, estimant qu’aucun citoyen, fut-il ancien chef de l’État, ne doit être au-dessus de la loi. De l’autre, plusieurs parlementaires invoquent l’article 224 du règlement intérieur du Sénat, qui exigerait, selon eux, un passage préalable par un vote du Congrès.
Face à cette cacophonie juridique et politique, la mise sur pied d’une commission spéciale apparaît comme une voie de compromis. Celle-ci aura pour mission d’analyser la recevabilité de la demande et de clarifier la procédure à suivre, dans un contexte où chaque geste est scruté et chaque mot pesé.
Cette affaire relance le débat sur la protection institutionnelle dont jouissent les anciens chefs d’État en République démocratique du Congo, et interroge sur l’indépendance des institutions dans un contexte politique de plus en plus polarisé.
Gilbert N.
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