Manifestations à Goma : « Il s’agit d’un crime de sang et un crime d’Etat délibérément commis » (Lubaya)
Manifestations à Goma : « Il s’agit d’un crime de sang et un crime d’Etat délibérément commis » (Lubaya)
AFP
Vingt-quatre heures après la tenue d’une marche de protestation pour exiger le départ du territoire congolais de la MONUSCO, de la Force régionale de l’EAC ainsi que des celle des ONG internationales, ayant fait au passage une quarantaine de morts, les réactions fusent de partout pour dénoncer cette situation.
Dans une communication faite ce jeudi 31 août, le député national élu de la circonscription de Kananga, Claude Lubaya a expliqué que quelles qu’aient été les revendications des manifestants de la secte mystico-religieuse « Uzalendo » – qui n’est pas à confondre avec la milice « Wazalendo » – aucune raison ni aucune loi « n’autorise les Forces de défense de la RDC de commettre un carnage » sous le prétexte de réprimer ceux qui, d’après le communiqué officiel, « auraient voulu faire le jeu de l’ennemi ».
« Il s’agit, de la part des Forces de défense et de sécurité, d’une réponse inappropriée et une réaction disproportionnée, constitutive d’un crime de sang contre des manifestants », peut-on lire dans ce document consulté par POLITICO.CD.
Selon le président de l’Union démocratique africaine originelle (UDAO), en intervenant de manière aussi « brutale » que « disproportionnée » contre des citoyens non armés, les militaires auteurs des actes qui ont conduit à la mort ont violé les dispositions de l’article 61, alinéas 1 et 7 de la Constitution du pays.
« Il s’agit donc, au vu des images qui circulent et que ne conteste aucune source officielle, d’un crime de sang, un crime d’État, délibérément commis par des agents publics et publiquement assumé par l’autorité provinciale à travers son communiqué », a-t-il renchéri.
A cet effet, Claude Lubaya a estimé que ce crime jette de « l’opprobre » sur le gouvernement de la République et appelle de sa part une action urgente pour que des « sanctions les plus sevères soient infligées aux auteurs, coauteurs et commanditaires de ce massacre ainsi qu’à des poursuites judiciaires afin de prévenir toute récidive ».
« Autant je condamne ces violences insoutenables, autant j’invite le Président de la République, en attendant l’enquête, à prendre de toute urgence, des mesures conservatoires à l’endroit du gouverneur militaire du Nord-Kivu. Et ça sera justice », a conclu cet élu du peuple.
Pour rappel, quelques heures après les émeutes, les Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) avaient rapporté que ces manifestations étaient « préméditées par un groupe des bandits armés drogués et manipulés », se faisant passer pour les « Wazalendo » appartenant à une secte mystico-religieuse du prophète Ephrem Bisimwa, dans l’objectif de semer le chaos dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
« Il vous souviendra que ce prophète manipulateur, avait été reconnu auteur d’un cas similaire qui avait encore causé la mort de plusieurs de ses adeptes en province du Sud-Kivu », avait indiqué le communiqué des FARDC, signé par le lieutenant-colonel Guillaume Ndjike.
Pour stopper cette situation de trouble, l’armée congolaise expliquait avoir pris toutes les précautions et s’est « professionnellement » interposée aux aventures de ces fauteurs des troubles jouant le jeu de l’agresseur M23/RDF.
À cette même, elle dressait un bilan provisoire faisant état de plusieurs personnes blessées, 7 personnes tuées dont un policier lapidé par les manifestants et 158 personnes arrêtées pendant les émeutes. Cependant depuis la matinée de ce jeudi, quelques membres du gouvernement et plusieurs sources militaires évoquent plus de 43 personnes tuées lors des manifestations.
Monge Junior Diama

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