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Nord-Kivu : la société civile réclame un moratoire fiscal face à la crise économique

Nord-Kivu : la société civile réclame un moratoire fiscal face à la crise économique
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 OCTOBRE 2026 - 22:08 WAT · 3 min de lecture

La société civile du Nord-Kivu appelle le gouvernement congolais à suspendre temporairement certaines taxes et redevances dans les zones de la province encore sous son contrôle. Dans une lettre ouverte adressée à la Première ministre le 2 octobre 2026 et rendue publique jeudi 8 octobre à Beni, cette structure citoyenne dénonce une pression fiscale qui aggrave les difficultés économiques des populations déjà confrontées à l’insécurité et à la hausse des prix des produits de première nécessité.

Selon la société civile, le Nord-Kivu traverse une crise à la fois sécuritaire, humanitaire, sanitaire et économique. Les violences armées, les déplacements massifs de populations et la perturbation des activités commerciales ont considérablement réduit le pouvoir d’achat des ménages et fragilisé les opérateurs économiques.

Malgré cette situation, les taxes et redevances continuent, selon elle, de peser sur les activités commerciales, notamment sur les principaux axes d’approvisionnement encore accessibles.

Dans son plaidoyer, la société civile dénonce particulièrement l’augmentation des taxes appliquées aux marchandises transitant par le poste frontalier de Kasindi, l’un des principaux points d’entrée des produits importés dans cette partie du pays.

Elle affirme notamment que la taxe appliquée au mètre cube de carburant est passée de 25 à 100 dollars américains, soit une augmentation de 300 %.

Cette hausse aurait contribué à l’augmentation du prix du carburant dans les villes de Beni et de Butembo, où le litre d’essence se négocie désormais à 4 500 francs congolais, contre 3 800 francs auparavant, selon les chiffres avancés par la structure citoyenne.

Pour la société civile, cette situation entraîne une augmentation des coûts de transport et se répercute directement sur les prix des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité.

À ces difficultés économiques s’ajoutent les conséquences des mesures sanitaires prises dans le cadre de la lutte contre la maladie à virus Ebola. Bien que destinées à limiter la propagation de l’épidémie, certaines restrictions affectent également la circulation des personnes et des marchandises, compliquant davantage les activités commerciales.

Face à cette situation, les forces vives du Nord-Kivu demandent au gouvernement de mettre en place un moratoire fiscal temporaire afin de soulager les ménages et les opérateurs économiques des zones affectées par les conflits.

Cette mesure permettrait, selon elles, de réduire les charges pesant sur les commerçants, de faciliter l’approvisionnement des marchés et d’atténuer la hausse des prix des produits essentiels.

La société civile estime que les circonstances exceptionnelles auxquelles fait face la province nécessitent des mesures économiques adaptées pour préserver les activités commerciales et soutenir les populations.

Cette demande intervient alors que plusieurs territoires du Nord-Kivu continuent de subir les conséquences des violences armées, auxquelles s’ajoutent les difficultés d’approvisionnement et les contraintes sanitaires.

Azarias Mokonzi

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