Politique Pacte social : l’ECC évoque l’avancement du dialogue national inclusif et la validation imminente de la feuille de route
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Pacte social : l’ECC évoque l’avancement du dialogue national inclusif et la validation imminente de la feuille de route

Le révérend pasteur Éric Senga, secrétaire de l’Église du Christ au Congo (ECC)
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 AOÛT 2025 - 12:00 WAT · 4 min de lecture

« Le principe du dialogue est accepté, le dialogue doit être inclusif, c’est également accepté. Maintenant, il s’agit d’en évaluer la faisabilité, en tenant compte des éléments contextuels », a-t-il expliqué. Cette feuille de route, actuellement en cours de validation à plusieurs niveaux, détaillera la structuration de la médiation, la liste des participants, les lieux, les périodes ainsi que les thématiques qui seront abordées.

Le pasteur Senga a également tenu à clarifier les récentes réunions organisées à la présidence de la République, notamment entre la dynamique ECC et d’autres confessions religieuses. « Ce n’est pas une manière de diluer votre initiative, pas du tout, car le Pacte social n’est qu’un outil, un cadre », a-t-il souligné, rappelant qu’il ne constitue pas une finalité en soi mais un moyen au service de la cohésion nationale.

Le Pacte social porté par l’ECC et la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) s’inscrit dans une longue tradition d’engagement des institutions religieuses pour la paix, la stabilité et la cohésion sociale en RDC, particulièrement dans les périodes de tensions politiques et sociales. Depuis plusieurs années, les deux confessions ont joué un rôle majeur dans la médiation de crises, notamment lors des crises électorales. En 2016, elles avaient initié un dialogue national inclusif pour apaiser les tensions post-électorales, et en 2023, elles avaient facilité un dialogue social visant à renforcer la cohésion et la participation citoyenne.

Depuis janvier 2025, la CENCO et l’ECC ont lancé le projet « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble » en RDC et dans la région des Grands Lacs. L’objectif : instaurer une paix durable, renforcer la cohésion nationale et régionale, et promouvoir le vivre-ensemble dans une région marquée par des décennies de conflits. Des consultations ont été menées avec des forces politiques, sociales et communautaires, tant au niveau national qu’international, aboutissant à la présentation d’un rapport au président Félix-Antoine Tshisekedi. Ce dernier a décidé de mettre en place une équipe chargée d’approfondir le projet.

La feuille de route, une fois validée, précisera notamment cinq piliers fondateurs : la charte des accomplissements, fixant des objectifs économiques, sociaux et culturels à atteindre d’ici 2060, date du centenaire de l’indépendance ; le référentiel de gouvernance, établissant des normes de gestion experte à tous les niveaux de l’État ; la convention intercommunautaire, destinée à favoriser la bonne entente entre les différentes communautés ; une campagne pluriannuelle d’éducation à la culture de la paix et du vivre-ensemble ; enfin, la proposition de décréter un « mois de paix », durant lequel les confessions religieuses exhorteront à la paix entre les Congolais.

Plusieurs figures ont exprimé leur soutien à l’initiative : Dodo Kamba, leader des Communautés Unies du Réveil, a promis l’implication de sa structure ; Bruno Tshibala, ancien Premier ministre, a salué une démarche susceptible de conduire le pays vers une solution négociée ; Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, a encouragé les Congolais à s’approprier cette initiative pour la paix dans la région des Grands Lacs.

Cependant, des réserves persistent. L’UDPS, parti présidentiel, estime que l’Église n’a pas vocation à se substituer aux institutions républicaines dans les initiatives politiques. Malgré cela, le président Félix Tshisekedi a reconnu la pertinence du projet et confirmé la mise en place d’une équipe dédiée pour travailler avec la CENCO et l’ECC.

En pleine phase de validation de sa feuille de route, le Pacte social apparaît comme un enjeu majeur pour la paix et la stabilité durables en RDC. Les contours d’un dialogue national véritablement inclusif se précisent peu à peu, portés par des institutions religieuses historiques et les attentes d’une nation en quête d’unité.

Gilbert N.

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