BTP & Infrastructures Port sec de Kwala : la RDC obtient 45 hectares en Tanzanie, et une échéance au 21 janvier

Port sec de Kwala : la RDC obtient 45 hectares en Tanzanie, et une échéance au 21 janvier

Judith Suminwa a visité le 3 novembre 2026 le port de Dar es Salaam et le port sec de Kwala, où la Tanzanie met 45 hectares à la disposition de la RDC pour un terminal logistique. Le Conseil des ministres du 23 octobre a fixé à quatre-vingt-dix jours le délai de signature de l’accord bilatéral : il expire le 21 janvier 2027. Des députés étaient du voyage, en pleine session budgétaire.

Port sec de Kwala : la RDC obtient 45 hectares en Tanzanie, et une échéance au 21 janvier
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 4 NOVEMBRE 2026 - 09:42 WAT · 5 min de lecture

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a visité le mardi 3 novembre 2026 le port maritime de Dar es Salaam, puis le port sec de Kwala, dans le district de Kibaha en région côtière tanzanienne. Elle a fait le trajet en train. L’enjeu de ce déplacement tient en un chiffre : les 45 hectares que la Tanzanie met à la disposition de la RDC, à Kwala, pour y construire son propre terminal logistique.

« Nous estimons que nos deux pays ont à gagner à travailler ensemble, que ce soit politiquement ou économiquement. En travaillant ensemble, en ayant un partenariat fort, nous avons tous à gagner », a déclaré la cheffe du gouvernement, qui avait auparavant tenu une séance de travail avec le ministre tanzanien des Transports Makame Mbarawa et la direction de la Tanzania Ports Authority.

Ce que les chiffres du port tanzanien disent, et ne disent pas

La Primature avance que plus de 50 % du fret de transit traité à Dar es Salaam est destiné au marché congolais. Les données publiées par la Tanzania Ports Authority elle-même donnent un ordre de grandeur différent. Son dernier rapport annuel disponible, celui de l’exercice clos au 30 juin 2022, recense 7,802 millions de tonnes de fret de transit, dont 2,956 millions de tonnes pour la RDC, soit 37,9 %. L’année précédente, la part était de 35,6 %.

Deux précisions s’imposent. La première : l’autorité portuaire présente bien la RDC comme son premier marché de transit, loin devant la Zambie, le Rwanda et le Burundi. La seconde : ces données ont quatre ans, et le flux congolais a augmenté depuis. Lors de son passage à Zanzibar, le chef de l’État avait fait état d’un corridor tanzanien dont le fret congolais a bondi de 73,2 % en un an. La part de plus de 50 % avancée par la Primature est donc plausible, mais elle n’est pas documentée par un chiffre public à ce jour.

Kwala, un site encore modeste

Kwala se trouve à une centaine de kilomètres de Dar es Salaam et est raccordé au réseau ferroviaire à écartement standard. Le futur terminal congolais doit offrir un espace de réception, de stockage, de traitement et de dédouanement des marchandises avant leur acheminement vers le territoire national, et accueillir dans l’autre sens les exportations congolaises, en particulier les minerais.

L’installation existante reste limitée. Sur la fiche publiée par l’autorité portuaire tanzanienne, le dépôt à conteneurs de Kwala affiche une capacité annuelle de 3 500 conteneurs équivalents vingt pieds, une aire totale de 600 000 mètres carrés dont 50 000 revêtus, une première phase en cours et une deuxième en attente. Sa fonction déclarée est le traitement des marchandises en souffrance et le désengorgement du port de Dar es Salaam. La relation entre ces 60 hectares de plateforme et les 45 hectares annoncés pour la RDC n’est pas précisée par les documents publics.

Une échéance au 21 janvier

La visite n’est pas un point de départ. Le 23 octobre, le Conseil des ministres a adopté une stratégie sur les flux congolais du port de Dar es Salaam et du Corridor central : un système intégré de traçabilité électronique avec la Tanzanie, l’accélération du port sec de Kwala, et un accord commercial bilatéral à signer sous quatre-vingt-dix jours. Ce délai expire le 21 janvier 2027. C’est la date à laquelle se mesurera la portée du déplacement de mardi.

Le cadre politique a été posé plus tôt : les deux chefs d’État se sont rencontrés les 17 et 18 août 2026 en Tanzanie et ont convenu de renforcer les connexions par les ports, le rail, la route et le transport lacustre. Le projet relève du troisième pilier du Programme d’actions du gouvernement 2024-2028, consacré à la connectivité du territoire. La RDC avait engagé avec le Parlement tanzanien une coopération sur les corridors en septembre, et vient de signer à Accra la convention créant un document de transport unique pour tous les modes.

Des députés embarqués en pleine session budgétaire

La Première ministre était accompagnée du ministre des Infrastructures et Travaux publics John Banza et de plusieurs députés nationaux. Le calendrier explique cette présence : le Parlement examine le budget. « Nous serons amenés à mener des plaidoyers au sein du Parlement pour que l’autorité budgétaire puisse penser à une certaine affectation des fonds pour la matérialisation de ces projets », a déclaré le député national Berthos Kabey au nom de ses collègues.

La dépêche de la Primature ne chiffre ni le coût du terminal congolais de Kwala, ni son calendrier de construction, ni le montant que le gouvernement demandera au Parlement. Elle ne précise pas non plus les termes de la mise à disposition des 45 hectares, ni sa durée.

Rédaction

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B
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