Politique «Poursuites» contre des officiers swahiliphones: le Gouvernement dénonce une volonté délibérée d’inoculer le poison de la division
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«Poursuites» contre des officiers swahiliphones: le Gouvernement dénonce une volonté délibérée d’inoculer le poison de la division

Patrick Muyaya dans le studio Maman Angebi à l’occasion d’un briefing presse. PHOTO DROITS : Cellcom ministère de la communication et des médias.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 3 JUIN 2025 - 09:01 WAT · 3 min de lecture

Le gouvernement congolais est monté au créneau pour rejeter les accusations portées par l’ancien président à l’encontre de l’actuelle gouvernance sécuritaire. Dans une sortie musclée, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a dénoncé une « volonté délibérée d’inoculer le poison de la division », en réaction à des propos de Kabila faisant état d’arrestations ciblées de militaires originaires des provinces swahilophones.

S’exprimant lors du briefing de presse hebdomadaire co-animé avec le ministre de l’Industrie, Louis Watum Kabamba, Patrick Muyaya a balayé d’un revers de main toute idée d’une purge ethnique au sein des FARDC. Pour Muyaya ales procédures judiciaires en des FARDC ne sont menées pas sur la base d’un groupe identitaire en particulier.

« Être swahiliphone n’exonère pas des poursuites lorsque les choses n’ont pas été faites comme elles devraient l’être[…] Si nous faisons aujourd’hui un tour, si nous regardons le travail de l’inspection, le travail de l’auditorat, est-ce que les officiers à propos desquels il y a des reproches sont strictement ou essentiellement swahiliphones ? C’est faux », a-t-il affirmé, en direct sur les antennes de la RTNC.

Une réponse directe aux accusations de Joseph Kabila

Dans une déclaration publiée sur YouTube via la chaîne Reconstruire RDC, Joseph Kabila a fustigé ce qu’il considère comme une « dérive clanique » dans la gestion actuelle de l’armée. L’ancien président a notamment dénoncé des arrestations sans jugement de plusieurs officiers supérieurs, « majoritairement swahilophones », évoquant une « déliquescence totale » du secteur sécuritaire congolais.

« La situation sécuritaire actuelle se caractérise par une formation militaire bâclée, des recrutements fondés sur l’appartenance ethnique, et l’emprisonnement de nombreux officiers sans procès », a-t-il déclaré, avant de pointer un « effondrement de la doctrine sécuritaire congolaise » au profit de « mercenaires, milices tribales et forces étrangères ».

« L’armée est apolitique et républicaine »

Face à ces déclarations, Patrick Muyaya a exprimé sa stupeur, rappelant que l’armée congolaise reste une institution républicaine, protectrice de l’ensemble du territoire national, et qu’elle ne saurait être l’objet de lectures tribales.

« L’armée est apolitique, elle est protectrice de la nation. Et lorsqu’on parle de la nation, on ne peut pas parler de tribu, d’autant plus qu’il n’existe pas de tribu swahili ici. On ne peut pas non plus chercher à identifier les uns et les autres, si ce n’est dans une volonté délibérée d’inoculer le poison de la division », a insisté le porte-parole du gouvernement.

Bientôt des clarifications militaires promises

Conscient de la sensibilité de la question, Patrick Muyaya a annoncé que le porte-parole des FARDC sera prochainement invité à un briefing spécial pour fournir des éléments précis sur les dossiers judiciaires en cours dans l’armée. Une manière, selon lui, de lever toute ambiguïté.

« Je voudrais donc que vous tous, qui vous êtes levés comme nous dans le cadre de ce bloc patriotique, que nous puissions collectivement empêcher que de tels discours de stigmatisation puissent prospérer. Car c’est par là que l’ennemi cherche, à tout prix, à nous diviser pour faire croire qu’il y a des problèmes communautaires », a conclu le ministre.

Christian MAMPUYA

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