Justice Procès Kabila : la Haute Cour Militaire ouvre les audiences sans l’ancien président
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Procès Kabila : la Haute Cour Militaire ouvre les audiences sans l’ancien président

Procès Kabila : la Haute Cour Militaire ouvre les audiences sans l’ancien président
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 25 JUILLET 2025 - 12:12 WAT · 3 min de lecture

Le procès de l’ancien président, Joseph Kabila, s’est ouvert ce vendredi devant la Haute Cour Militaire (HCM), dans un climat de tension politique et judiciaire sans précédent. Absent à l’audience inaugurale, l’ancien chef de l’État, sénateur à vie et autorité morale du Front Commun pour le Congo (FCC), est poursuivi pour une série d’accusations graves, allant de la participation à un mouvement insurrectionnel à des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Deja 10 :00. Militaires, avocats, journalistes étaient massivement présents pour assister à ce moment inédit dans l’histoire politique et judiciaire congolaise.

Selon l’extrait de rôle publié par la juridiction, Joseph Kabila est poursuivi pour : participation à un mouvement insurrectionnel, crime contre la paix et la sécurité de l’humanité, homicide intentionnel par balles, haute trahison, apologie d’actes criminels, viol, torture, ainsi que déportation et occupation à force ouverte de la ville de Goma. Ces faits sont notamment liés à son soutien présumé à la rébellion du M23, que le gouvernement accuse d’être une force supplétive au service de certains intérêts étrangers, notamment rwandais.

À l’origine de ces poursuites : l’auditeur général près la Haute Cour militaire, dont les enquêtes ont mis en cause Joseph Kabila dans l’aggravation des violences à l’Est du pays. Dans son réquisitoire, l’auditeur le désigne comme coordonnateur indirect de la coalition armée ACM23, responsable de graves exactions contre les civils, en lien avec les Forces de défense du Rwanda (RDF) et divers groupes de mercenaires.

La tenue de ce procès a été rendue possible grâce à une décision exceptionnelle du Sénat, qui a voté la levée des immunités parlementaires de l’ancien président, malgré son statut de sénateur à vie. Cette autorisation a été précédée de plusieurs jours de débats à huis clos, marqués par des divisions profondes au sein de la chambre haute et la mise sur pied d’une commission spéciale d’enquête.

Le rapport final de cette commission, remis aux sénateurs avant le vote, a été décisif. Il détaille les liens supposés entre Kabila et les activités de la rébellion, notamment dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi, ainsi que les éléments financiers, logistiques et diplomatiques en sa possession, ayant pu favoriser la progression des forces du M23 vers la ville de Goma.

Du côté du FCC et des alliés de Kabila, la riposte ne s’est pas fait attendre. Plusieurs de ses proches dénoncent une « chasse aux sorcières politique » destinée à écarter un acteur majeur de la scène nationale. Pour eux, ces accusations seraient une manœuvre du régime en place pour affaiblir l’opposition, à l’approche d’un nouveau cycle électoral.

Au cours de cette première audience, la Haute Cour Militaire a entendu la lecture de l’acte d’accusation et confirmé la régularité de la procédure engagée.

Si l’accusé principal brillait par son absence,il faut signaler que c’est la première fois qu’un ancien président congolais en exercice est formellement poursuivi devant une juridiction militaire.

C. Timothée ÉZÉCHIEL

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