Contrat sino-congolais : le gouvernement lance l’audit annuel du partenariat « infrastructures contre mines »
Contrat sino-congolais : le gouvernement lance l’audit annuel du partenariat « infrastructures contre mines »
AFP
Une réunion consacrée à l’évaluation du contrat sino-congolais, dit « infrastructures contre mines », s’est tenue le mardi 21 juillet au Palais de la Nation à Kinshasa, sous la présidence d’Anthony Nkinzo Kamole, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Organisée conformément à la Convention de collaboration et à son avenant numéro 5 signé en 2024, la rencontre a arrêté la méthodologie d’une évaluation approfondie du partenariat, prévue du 23 juillet à la mi-août.
La séance a réuni l’ensemble des parties prenantes, l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi de la Convention de collaboration, la Gécamines, l’Agence congolaise des grands travaux, la Primature et les ministères des Finances, des Infrastructures et des Mines. Selon le directeur général de l’Agence de pilotage, cette revue annuelle doit permettre d’évaluer l’état d’avancement des engagements pris par chaque partie, d’identifier les difficultés et de proposer des mesures correctives. Il a rappelé que « le contrat sino-congolais est à l’origine de plusieurs infrastructures majeures, notamment la rocade de Kinshasa, la Route nationale numéro 1, la route Kalamba-Mbuji » et d’autres ouvrages. La délégation chinoise a salué l’ouverture de l’exercice, y voyant « l’occasion de présenter les résultats obtenus » tout en examinant les défis persistants.
Le contrat en question, conclu en 2008 entre la RDC et un groupement d’entreprises chinoises, échange l’accès aux gisements de cuivre et de cobalt de la coentreprise Sicomines contre la construction d’infrastructures. Chiffré à l’origine autour de six à neuf milliards de dollars, il a nourri des critiques récurrentes sur son déséquilibre, sa transparence et la lenteur des livraisons. L’Inspection générale des finances et des organisations citoyennes ont pesé sur sa renégociation.
Cette renégociation a débouché sur l’avenant numéro 5, signé en 2024. Selon la présentation qu’en ont faite les autorités, il porte l’enveloppe d’infrastructures à environ sept milliards de dollars, instaure une redevance sur le chiffre d’affaires et relève la participation de la Gécamines à 32 %. L’évaluation qui s’ouvre doit mesurer si ces engagements se traduisent dans les faits. Elle intervient alors que la RDC, premier producteur mondial de cobalt, cherche à tirer davantage de valeur d’un secteur minier au cœur de la compétition entre la Chine et les États-Unis.

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