Politique RDC : la Monusco veut s’assurer de la « protection » des civils après le retrait des casques bleus
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RDC : la Monusco veut s’assurer de la « protection » des civils après le retrait des casques bleus

RDC : la Monusco veut s’assurer de la « protection » des civils après le retrait des casques bleus
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 2 OCTOBRE 2023 - 21:07 WAT · 3 min de lecture

Les autorités congolaises et la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) ne parlent plus le même langage. Au moment où Kinshasa cherche à obtenir un retrait « progressif » de la force onusienne suite à son « inefficacité », celle-ci estime toujours accomplir sa mission comme il se doit sur terrain.

En séjour à New-York, où elle a notamment pris part à la 78ème Assemblée générale des Nations unies, la cheffe de la Monusco, Bintou Keita a expliqué que le retrait « progressif » tel qu’évoqué par Félix Tshisekedi à la tribune des Nations unies, devrait être accompagné des assurances selon lesquelles les Forces armées congolaises (FARDC) « resteront protéger » les civils actuellement sous protection des casques bleus.

« L’accélération comme demandé par le Chef de l’État […] c’est de dire bon, travaillons ensemble avec les autorités de manière à ce qu’on soit en accord complet sur là où, la Monusco protège les civils essentiellement seule, que les forces de sécurité de la République démocratique du Congo soient présentes et y restent, pas qu’elles viennent et puis ensuite, qu’elles se retirent pour d’autres actions, mais qu’elles restent véritablement là pour rassurer ces populations qui sont essentiellement protégées par les casques bleus », a-t-elle déclaré au cours d’une interview accordée à l’ONU Infos.

Rebondissant toujours sur le propos du Président congolais à l’ONU – qui insistait sur un retrait « progressif et responsable » des casques bleus – Bintou Keita a expliqué que par rapport à la situation en RDC, la Mission onusienne se retire « progressivement » depuis quelques années de plusieurs provinces du pays.

« Nous nous sommes retirés de la province du Kasaï en 2021 ; de la province du Tanganyika en juin 2022 et maintenant nous sommes dans trois provinces de ce grand pays qui a neuf voisins [ndlr. Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ] Et donc notre départ se fera à partir de ces trois provinces. Il y a 145 territoires en RDC, et même dans ces trois provinces que nous sommes, nous sommes dans des problématiques avec des groupes armés qui sont essentiellement dans 15 ou 20 territoires. C’est là où, se trouvent les points chauds par rapport à notre mandat », a renchéri la représentante d’Antonió Guterres en RDC.

Dans un autre registre, la patronne de la Mission de l’ONU en RDC a affirmé avoir constaté « un très grand décalage » entre ce que peuvent faire les casques bleus en terme de protection physique sur terrain et la compréhension du mandat par la population et les élites congolaises.

« Les casques bleus font le maximum de ce qu’ils peuvent faire sur ce vaste étendue qu’est la République démocratique du Congo et notamment ces trois provinces parce que personne ne peut imaginer, il n’y a pas des routes, les infrastructures sont quasiment pauvres, c’est plusieurs kilomètres à parcourir même avec un véhicule bien rodée », s’est-elle plaint.

Monge Junior Diama

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