Genocost : clôture de l’atelier des formateurs centraux pour intégrer la mémoire dans l’enseignement
Au terme de huit jours d’intenses travaux, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a procédé, samedi 16 mai, à la clôture de l’atelier de formation des inspecteurs consacré à l’intégration du Genocost dans les programmes scolaires. Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de faire de l’école
Genocost : clôture de l’atelier des formateurs centraux pour intégrer la mémoire dans l’enseignement
AFP
Au terme de huit jours d’intenses travaux, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a procédé, samedi 16 mai, à la clôture de l’atelier de formation des inspecteurs consacré à l’intégration du Genocost dans les programmes scolaires. Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de faire de l’école congolaise un espace de transmission de la mémoire, mais aussi un levier de construction citoyenne.
Pendant huit jours, les participants ont été plongés au cœur de thématiques sensibles et structurantes. La justice transitionnelle, le récit du génocide congolais ainsi que les stratégies de plaidoyer pour sa reconnaissance ont constitué l’ossature des échanges.
À travers des exposés, des débats et des travaux en groupe, les inspecteurs ont approfondi leur compréhension des enjeux historiques, mémoriels et éducatifs liés aux violences de masse qui ont marqué l’histoire de la République démocratique du Congo.
À cette occasion, Raïssa Malu a appelé les inspecteurs à jouer pleinement leur rôle dans la transformation des acquis de la formation en contenus pédagogiques concrets.
«La fin de cet atelier n’est qu’un commencement. Le plus grand défi nous attend : traduire ce savoir en contenus d’enseignement. Nous devons enseigner pour guérir, transmettre pour prévenir et éduquer pour que l’oubli ne nous désarme jamais », a déclaré la ministre.
Elle a souligné que l’éducation des jeunes générations doit s’appuyer sur la compréhension des blessures du passé afin de former des citoyens responsables et conscients de leur histoire. Selon elle, l’absence de conscience historique et d’esprit critique fragilise le sens du devoir envers la patrie et compromet la construction d’une société éclairée.
Dans cette perspective, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté entend placer la question de la mémoire au cœur de ses priorités.
«Par l’école, nous forgeons un citoyen nouveau, un esprit éclairé, lucide sur son histoire et attaché à la dignité humaine », a-t-elle affirmé.
S’adressant aux acteurs du système éducatif, la ministre a insisté sur le fait que l’enseignement de cette mémoire doit contribuer à guérir les blessures du passé, prévenir la répétition des violences et renforcer la cohésion nationale. Elle a également exhorté les participants à accompagner les enseignants, former les élèves et animer des clubs de veille citoyenne afin de faire de l’école un espace de transmission de la mémoire et de construction de la conscience citoyenne.
Raïssa Malu a par ailleurs estimé que la mémoire du Genocost touche à la souveraineté morale du pays, soulignant que la formation de la jeunesse à la vérité historique constitue un investissement essentiel pour l’avenir de la République démocratique du Congo.
«En formant la jeunesse à la vérité, nous sauvons l’avenir de notre pays », a-t-elle conclu, avant de déclarer officiellement clos l’atelier.
Prenant la parole au nom de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CI-AVAR), François Kakese Kimaza a salué la qualité des travaux ainsi que l’engagement des participants. Il a rappelé que les violences ayant marqué l’histoire du pays continuent d’interpeller la conscience collective et nécessitent une réponse fondée sur la vérité, la justice et la cohésion nationale.
Il a insisté sur le rôle central de l’école dans la transmission des valeurs républicaines et dans la construction d’une culture durable de paix.
La synthèse des travaux, présentée par Godefrey Talabuklu, a mis en évidence trois axes principaux : la justice transitionnelle, les fondements du génocide dans le contexte congolais et le narratif du Genocost comme référentiel mémoriel, pédagogique et citoyen.
Les participants ont notamment exploré les cinq piliers de la justice transitionnelle : la vérité, les poursuites judiciaires, la réparation des victimes, les garanties de non-répétition et le devoir de mémoire.

Les travaux ont également permis de réfléchir aux modalités concrètes d’enseignement de cette thématique sensible : disciplines concernées, niveaux d’apprentissage, outils pédagogiques, posture de l’enseignant et prise en compte de la sécurité émotionnelle des élèves.
Au nom des participants, Mulanda Kimpembe Odon Ruphin a exprimé sa gratitude aux organisateurs et formateurs, tout en réaffirmant leur engagement à mettre en pratique les connaissances acquises dans leurs missions éducatives.
L’atelier, lancé le 9 mai, s’inscrit dans une initiative nationale portée par la CI-AVAR, le FONAREV et le ministère de l’Éducation nationale. Il a réuni 25 inspecteurs-formateurs et experts venus de Kinshasa et des provinces afin de renforcer les capacités pédagogiques liées à cet objectif éducatif et mémoriel.
Christian T. ÉZÉCHIEL
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