Justice RDC : la partie civile réclame 30 milliards $ et obtient la reprise des débats contre Joseph Kabila
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RDC : la partie civile réclame 30 milliards $ et obtient la reprise des débats contre Joseph Kabila

Joseph Kabila, ancien président de la République Démocratique du Congo
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 12 SEPTEMBRE 2025 - 14:37 WAT · 2 min de lecture

Représentée par Me Richard Bondo, l’État congolais a sollicité l’audition de trois témoins. Selon l’avocat, ceux-ci viendront retracer les circuits financiers et les intermédiaires par lesquels seraient passés des fonds destinés à l’Alliance Fleuve Congo/M23 et aux Forces de défense rwandaises (RDF), imputés à Joseph Kabila. Ils devront également éclairer la thèse controversée selon laquelle « un étranger a dirigé ce pays pendant 18 ans ». La partie civile a par ailleurs revu à la hausse sa demande de dommages et intérêts, réclamant désormais 30 milliards de dollars, contre 24 milliards précédemment.

L’ancien chef de l’État est poursuivi par contumace pour plusieurs infractions graves : trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, complot, apologie du terrorisme et crimes contre l’humanité, liés à une présumée complicité avec le M23 soutenu par le Rwanda. Lors d’audiences antérieures, la Cour avait déjà examiné treize images montrant Joseph Kabila aux côtés de Corneille Nangaa, l’un des leaders présumés de l’AFC/M23, ainsi que divers rapports et témoignages jugés accablants.

Ce dossier a pris une tournure judiciaire après la levée de l’immunité parlementaire de Joseph Kabila en mai 2025. Dans la foulée, son parti, le PPRD, a été suspendu et plusieurs de ses proches ont vu leurs biens saisis. Depuis, la justice militaire instruit ce procès sous haute tension, dans un contexte marqué par la persistance des violences du M23 dans l’Est du pays et les accusations d’ingérence rwandaise régulièrement formulées par Kinshasa.

La réouverture des débats illustre la volonté de la Cour d’examiner plus en profondeur les charges retenues contre l’ancien président. La prochaine audience, prévue le 19 septembre, sera décisive : elle permettra d’entendre les nouveaux témoins et de préciser les responsabilités présumées de Joseph Kabila dans le financement et le soutien du M23, avant toute décision sur sa culpabilité et les réparations réclamées.

Gilbert N.

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