Politique RDC : la société civile lance l’Alliance pour la Patrie face aux menaces contre l’unité nationale
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RDC : la société civile lance l’Alliance pour la Patrie face aux menaces contre l’unité nationale

RDC : la société civile lance l’Alliance pour la Patrie face aux menaces contre l’unité nationale
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 31 AOÛT 2026 - 20:21 WAT · 5 min de lecture

Une nouvelle plateforme de la société civile, dénommée Alliance pour la Patrie (AP), a été officiellement lancée lundi 31 août 2026 à Kinshasa. Issue d’un appel public lancé le 16 août par plusieurs acteurs, dont Jean-Jacques Lumumba et Carbone Beni, cette coalition entend fédérer les forces citoyennes autour des principaux défis auxquels fait face la République démocratique du Congo.

L’Alliance pour la Patrie se définit comme une structure « citoyenne, nationale, indépendante et non partisane ». Ses initiateurs insistent sur le fait qu’elle n’est ni un parti politique, ni une plateforme électorale, ni une coalition de l’opposition, encore moins un mouvement de soutien au pouvoir.

« Nous venons d’horizons différents et nous portons des expériences différentes, mais aujourd’hui, nous choisissons de mettre en commun nos forces, nos compétences et nos voix pour répondre ensemble aux grands défis de notre temps », a déclaré Carbone Beni, l’un des initiateurs de la plateforme.

L’AP ambitionne de rassembler des organisations de la société civile, des mouvements citoyens, des activistes, des intellectuels, des chercheurs, des experts, des jeunes et des femmes, mais également des associations de victimes, des organisations professionnelles, des acteurs culturels, des confessions religieuses, des membres de la diaspora et des personnalités indépendantes.

Fédérer les forces citoyennes

Pour ses initiateurs, la création de cette plateforme répond à la nécessité de dépasser la dispersion des mouvements et organisations de la société civile afin de construire une force collective capable de peser davantage sur les grandes questions nationales.

« Nous nous sommes dit qu’il fallait simplement changer de méthode, changer de tact, mettre en place une stratégie qui pourrait nous rassembler, mais aussi nous ressembler », a expliqué Carbone Beni.

L’Alliance pour la Patrie prévoit d’agir notamment à travers l’expertise citoyenne, le plaidoyer, la mobilisation pacifique et le contrôle de l’action publique. Elle entend également contribuer aux réflexions sur les réformes institutionnelles, la gouvernance sécuritaire et les mécanismes susceptibles d’apporter des réponses durables aux crises que traverse le pays.

Sa devise, « La Patrie nous unit, sa responsabilité nous engage », traduit, selon ses fondateurs, la volonté de bâtir une organisation « patriotique sans être partisane, critique sans être déstabilisatrice, indépendante sans être indifférente ».

Un patriotisme étendu à la gouvernance

Au-delà de la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, l’AP entend inscrire la bonne gouvernance au cœur de son combat patriotique.

Pour Carbone Beni, défendre la patrie ne consiste pas uniquement à dénoncer les menaces extérieures. « Le patriotisme, ce n’est pas seulement dire que le Rwanda dégage. […] Il voudrait que, même dans la gestion, dans la direction, on considère que l’on ne gère pas sa propre bouche, mais le bien de la République », a-t-il déclaré.

Jean-Jacques Lumumba a, de son côté, appelé à combattre les facteurs internes qui fragilisent le pays, notamment la corruption et la prédation. « Le patriotisme voudrait aussi que chacun d’entre nous […] se lève contre le mal qui détruit le Congo, que ce soit chez les gouvernants ou dans l’opposition », a-t-il affirmé.

L’AP plaide pour un dialogue inclusif

La nouvelle plateforme entend également participer au débat autour du dialogue national. Elle plaide pour un processus largement ouvert aux différentes composantes de la société congolaise.

Pour Jean-Jacques Lumumba, l’inclusivité ne peut se limiter aux seuls acteurs politiques. « Il ne s’agit pas de faire entendre uniquement la voix des politiciens, mais celle de tous les Congolais, dans leur diversité et dans tous les coins de la République », a-t-il insisté.

Carbone Beni précise, pour sa part, que l’Alliance pour la Patrie n’a pas été créée dans le seul but de participer au dialogue, mais pour y apporter des propositions et veiller au suivi des éventuelles recommandations.

« Le dialogue que nous voulons va au-delà de la crise sécuritaire. C’est un dialogue qui devrait résoudre nos causes profondes : la gouvernance du pays, la qualité des dirigeants que nous avons, des réformes qui peuvent nous mettre sur le rail d’un vrai développement », a-t-il soutenu.

Un « cahier citoyen » en préparation

Parmi ses prochaines actions, l’Alliance pour la Patrie annonce l’élaboration d’un « cahier citoyen » destiné à rassembler des propositions qui seront soumises notamment au chef de l’État et aux différentes institutions de la République.

La plateforme prévoit également des actions de plaidoyer auprès des institutions, des acteurs politiques, des organisations de la société civile et des missions diplomatiques. Elle compte aussi contribuer aux travaux préparatoires du dialogue national et assurer un suivi citoyen des conclusions qui pourraient en découler.

À l’issue de son lancement, l’Alliance pour la Patrie a lancé un appel à l’adhésion à l’endroit des mouvements citoyens, organisations de la société civile, lanceurs d’alerte, chercheurs, universitaires, organisations de jeunes et de femmes, associations de victimes, acteurs culturels, confessions religieuses, membres de la diaspora et personnalités indépendantes.

Christian T. ÉZÉCHIEL

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