RDC : le gouvernement envisage de nouveaux ajustements des prix à la pompe suite à la chute du franc congolais
RDC : le gouvernement envisage de nouveaux ajustements des prix à la pompe suite à la chute du franc congolais
AFP
Le gouvernement congolais a pris acte des progrès accomplis dans la réforme relative à la subvention pétrolière.
Faisant l’intérim du ministre de l’Économie, le ministre de la Décentralisation et Réformes Institutionnelles a expliqué que malgré la nette baisse des manques à gagner enregistrée en 2023, la dépréciation du franc congolais pèse lourdement, générant à elle seule 96 millions de dollars de pertes. Or ces déficits grèvent le budget de l’Etat et menacent l’équilibre du système d’approvisionnement.
« Résultat, l’année 2023 a connu une baisse drastique des manques à gagner générés qui représentent le quart de ceux générés en 2022, soit 125,1 millions USD contre 548,8 millions USD. N’eût été la dépréciation du Franc Congolais, les manques à gagner de 2023 seraient contenus à seulement 28 millions USD pour l’ensemble de l’année. Car, la perte de change représente à elle seule 96 millions USD, soit 77% du total de l’année 2023 », peut-on lire dans le compte rendu de cette réunion.
Dans ce contexte, le ministre Eustache Muhanzi Mubembe a souligné la nécessité de trouver des solutions pour amortir l’impact de la chute de la monnaie locale. L’option d’augmenter à nouveau les prix des carburants à la pompe à court terme a donc été mise sur la table.
Cet ajustement, selon lui permettra de compenser la perte de valeur du franc et de limiter les coûts d’acquisition, soit le prix moyen à la frontière qui engendre de nouvelles dettes. L’objectif est de garantir la stabilité du marché pétrolier national.
« Considérant l’évolution des paramètres du marché et afin de consolider les efforts déployés, l’option d’envisager la possibilité d’un ajustement du prix à la pompe à court terme permettrait notamment d’amortir la dépréciation de la monnaie locale qui génère d’importants manques à gagner d’une part, et à conforter les coûts d’acquisition du carburant (PMFC) en vue de freiner le rythme de formation des nouvelles créances, d’autre part », ajoute-t-il.
Bien que politiquement sensible, il estime que cette mesure semble inévitable au regard de l’étroitesse des finances publiques.
« Dans un contexte d’étroitesse de la trésorerie publique, cette option garantirait le maintien de l’équilibre de notre système d’approvisionnement en produits pétroliers », a fait savoir le Ministre d’Etat, Ministre de la Décentralisation et Réformes Institutionnelles,cité dans le compte du dernier conseil des ministres.
Des progrès dans la réforme de la subvention pétrolière
Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a enregistré des progrès significatifs dans la réforme du système de subvention des produits pétroliers, selon un rapport présenté lors au conseil des ministres par le ministre Eustache Muhanzi.
Les chiffres présentés sont éloquents. Alors que les manques à gagner s’élevaient à près de 549 millions de dollars en 2022, ils ont été ramenés à seulement 125 millions en 2023, soit une baisse de près de 75%. Cette amélioration notable s’explique notamment par une meilleure structure des prix des carburants à la pompe.
Le gouvernement a également renforcé le cadre réglementaire avec un nouvel arrêté interministériel fixant des critères plus rigoureux pour le calcul des subventions. Il s’est aussi engagé à améliorer la transparence en publiant chaque mois les détails de la composition des prix.
« Par ailleurs, le gouvernement s’est aussi engagé à améliorer la gestion de la subvention pétrolière à travers le renforcement du dispositif réglementaire existant. À cet effet, un Arrêté interministériel avait été pris, avec ses collègues des Finances et des Hydrocarbures, pour consacrer une approche plus rigoureuse dans la détermination des critères d’éligibilité et des modalités de calculs des manques à gagner », a fait savoir le ministre de la Décentralisation et Réformes Institutionnelles.
Par ailleurs, des travaux sont en cours pour réviser les textes définissant le prix moyen à la frontière, une étape clé pour conforter les efforts engagés.
Dans la même perspective, le ministère de l’Economie s’emploie à « publier mensuellement les éléments récapitulatifs de la structure des prix des produits pétroliers indiquant au public la part du prix du carburant pris en charge par le gouvernement dans le cadre de la subvention pétrolière ».
Un autre jalon important de l’agenda de réformes en cours d’implémentation consiste à la révision des textes réglementaires portant détermination du Prix Moyen Frontière Commerciale (PMFC).
Les travaux techniques sont en cours au sein du ministère des Hydrocarbures pour réaliser cet engagement essentiel à la consolidation du travail réalisé à ce jour.
Ézéchiel T. MAMPUYA
