RDC: le gouvernement garde suspendue l’épée de Damoclès au-dessus de la tête des «Kuluna»
RDC: le gouvernement garde suspendue l’épée de Damoclès au-dessus de la tête des «Kuluna»
AFP
De nombreuses critiques «négatives» et des «allégations» qui ont été publiées dans certains médias internationaux et qui ont circulé sur les réseaux sociaux selon lesquelles 127 Kulunas ont été exécutés dans une prison de haute sécurité d’Angenga dans la province de la Mongala dans le cadre l’opération «Ndobo», sont arrivées aux oreilles du gouvernement congolais. Dans un briefing presse consacré à la lutte contre le banditisme urbain/justice, le gouvernement congolais à travers son porte-parole, Patrick Muyaya et le ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba a tenu à éclairer la lanterne d’opinion sur cette opération «Ndobo» qui, selon Patrick Muyaya, a sensiblement baissé la criminalité dans la ville de Kinshasa.
Pour mettre une croix définitive à ce phénomène «Kuluna» qui a tant endeuillé les congolaises et congolais, Constant Mutamba a laissé entendre que le Chef de l’État en sa qualité de Magistrat suprême avait plus d’une fois donné l’instruction au VPM de l’intérieur, au ministre de la Défense et au ministre d’État à la Justice pour pouvoir envisager des mécanismes pour endiguer ce phénomène.
Pour ce faire, dit-il, ils ont donc mis en place une stratégie opérationnelle qui leur permet de lutter efficacement contre ce phénomène de banditisme urbain. D’où, poursuit-il, ils ont dû lancer l’opération «zéro Kuluna» aux côtés de l’opération «Ndobo».
«L’opération Ndobo qui se passe à la
première phase par le Ministère de l’intérieur qui arrête et met à a disposition de la Justice. En ce moment-là, nous intervenons dans la cadre de l’opération zéro kuluna. En réalité, c’est une seule opération mais qui se passe en deux phases. La première phase, c’est Ndobo et la deuxième phase, c’est zéro kuluna. Ce, sur l’ensemble du pays», a indiqué Constant Mutamba.
Halte à l’intox
D’après le ministre de la Justice, dans un premier temps, ils ont commencé par la ville de Kinshasa. Au niveau de la Justice, ils ont pu organiser plus de 11 audiences foraines et plus de 300 kuluna ont été condamnés. C’est dire que, précise-t-il, ces procès ont été organisés sur base de l’ordonnance-loi sur la répression des infractions flagrantes pour évidemment permettre de faciliter la célérité des procédures.
«Tous les droits de justiciables ont été garantis, y compris le droit au doublé degré de juridiction… Il faut dire que de ces 300 condamnés, nous avons jusqu’ici opéré le transfèrement de plus ou moins 127 en trois vagues. La première vague a été transférée à la prison de haute sécurité au Kongo central. Les deux dernières vagues ont été transférées à la prison de haute sécurité d’Angenga, dans la province de la Mongala. Les autres vagues vont être transférées dans les jours qui viennent dans d’autres prisons de haute sécurité», a-t-il fait savoir.
Selon lui, ils doivent s’assumer en tant que peuple à régler les problèmes du pays suivant ses réalités car, dit-il, le phénomène Kuluna est un phénomène réel.
«En Haïti, pour n’avoir pas pris des mesures drastiques, de répression et de dissuasion, on en est arrivé là. Maintenant, c’est des forces de sécurité de l’étranger qui vont pour assurer la sécurité en pleine capitale. Nous n’allons pas accepter, un seul instant, que des règles de l’extérieur soient transposées chez nous sans tenir compte des us et coutumes, des réalités congolaises. Pour moi, je ne pense pas qu’on puisse parler d’avancée ou de recul. Il s’agit d’une mesure que le Gouvernement avait prise pour pouvoir renforcer les mécanismes de sécurisation de notre peuple. Je suis le ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Mon rôle, c’est de réprimer. C’est la fermeté. D’autres mesures sont également envisagées. La loi telle qu’appliquée aujourd’hui, nous oblige à les exécuter», a insisté Constant Mutamba.
De son côté, le Porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya a mis en exergue la détermination de l’équipe gouvernementale à répondre aux attentes des congolais. Il est revenu sur la question de la paix dans l’Est du pays tout en appelant à faire
bloc derrière le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, pour une défense fructueuse du territoire national.
Visiblement, le gouvernement congolais est passé à l’étape de la sanction et garde suspendue, l’épée de Damoclès au-dessus de la tête des Kuluna qui continuent à mettre en mal la quiétude des paisibles citoyens.
Christian Okende