Mines & Ressources RDC : l’État reprend la main sur 600 de titres miniers pour restaurer sa souveraineté sur les ressources

RDC : l’État reprend la main sur 600 de titres miniers pour restaurer sa souveraineté sur les ressources

RDC : l’État reprend la main sur 600 de titres miniers pour restaurer sa souveraineté sur les ressources
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 7 AOÛT 2025 - 12:12 WAT · 3 min de lecture

Le gouvernement a officiellement récupéré près de 600 titres miniers et de carrières à l’issue d’une vaste opération d’assainissement du domaine minier national, entamée depuis plusieurs mois. Cette information est relayée par RFI ce jeudi 07 août 2025

RFI s’appuie sur un rapport confidentiel du Cadastre minier (CAMI), transmis au ministère des Mines en amont de sa présentation publique prévue ce jeudi.

Au total, ce sont plus de 31 000 kilomètres carrés de territoires miniers l’équivalent de la superficie de la Belgique qui reviennent dans le giron de l’État. Une source proche du dossier, au sein du ministère des Mines, affirme qu’« il ne s’agit pas d’un simple ajustement administratif, mais d’une action stratégique pour restaurer la souveraineté minière nationale ».

Le secteur minier, pilier de l’économie congolaise et pourvoyeur essentiel de recettes publiques, est depuis longtemps gangrené par des irrégularités structurelles. En 2024, l’État recensait encore près de 2 000 permis de recherche couvrant plus de 140 000 km², contre un nombre nettement plus restreint de permis d’exploitation formellement validés. Or, dans de nombreux cas, ces titres de recherche servaient de couverture à des activités d’exploitation illégale, menées sans autorisation légale, dans un flou juridique et administratif inquiétant.

À cette confusion s’ajoute un phénomène de gel spéculatif : plusieurs sociétés parfois de simples coquilles vides conservent des titres sur des gisements sans les développer, espérant les revendre plus tard à prix fort. D’autres encore, bien qu’ayant perdu leur droit légal de jouissance, continuent d’opérer ou de bloquer des zones stratégiques.

Le rapport du CAMI mentionne également des cas de non-paiement des droits, de fraude, et de détention irrégulière par des personnes physiques, parfois sans expérience ni capacité technique.

L’opération lancée par le Cadastre minier vise à nettoyer, actualiser et sécuriser le fichier cadastral, afin de rendre le domaine minier plus transparent, attractif et conforme à la loi. La récupération des titres inactifs ou irréguliers s’inscrit dans une politique de reprise en main du secteur extractif, à la fois sur les plans juridique, économique et sécuritaire.

« Il fallait remettre de l’ordre dans une situation qui nuisait gravement à l’intérêt public », note un cadre du ministère qui affirme que certains blocs miniers avaient été gelés pendant plus d’une décennie sans aucune activité significative.

Cap sur la technologie : des drones pour cartographier les gisements

Pour renforcer ce processus de modernisation, le CAMI a lancé, le 11 juillet 2025, un appel d’offres international en vue de l’acquisition de drones spécialisés. Ces équipements permettront de mieux cartographier les gisements, de surveiller les zones d’exploitation, et de vérifier la conformité entre les activités sur le terrain et les titres accordés. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 11 août pour déposer leur dossier, preuve que l’administration congolaise entend désormais outiller ses moyens de contrôle.

C. Timothée ÉZÉCHIEL

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