Politique RDC : Paris condamne les massacres de civils au Nord-Kivu et le meurtre d’un journaliste
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RDC : Paris condamne les massacres de civils au Nord-Kivu et le meurtre d’un journaliste

Le président français Emmanuel Macron participe lors d'une réunion avec les élus et les représentants de Nouvelle-Calédonie à l'Elysée, à Paris, le 12 juillet 2025
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 8 AOÛT 2025 - 19:34 WAT · 3 min de lecture

La France a exprimé ce vendredi 8 août sa plus vive condamnation après les violences meurtrières perpétrées en juillet dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo. Ces attaques, attribuées au M23 et à d’autres groupes armés, ont coûté la vie à plus de 300 civils, selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH).

Entre le 9 et le 21 juillet, au moins 319 personnes, dont 48 femmes et 19 enfants, ont été exécutées dans plusieurs localités du territoire de Rutshuru. Les exactions recensées dans cette même période incluent également plus de 125 viols, des actes de torture, des incendies de maisons, des pillages, des enrôlements forcés, y compris d’enfants, et des déplacements massifs de population.

Ces atrocités ont eu lieu en dépit de la déclaration de principes signée le 19 juillet à Doha entre le gouvernement congolais et les représentants du M23/AFC. Cet accord prévoyait notamment l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu et des engagements en faveur du respect du droit international humanitaire. Dans son communiqué, la France appelle au respect strict de ces engagements et exige la cessation immédiate des violences contre les civils, le personnel de santé, les humanitaires ainsi que les journalistes.

Paris exprime également son plein soutien aux enquêteurs du HCDH, dont l’action reste entravée dans les zones contrôlées par l’AFC/M23. Elle rappelle l’importance d’assurer l’accès aux victimes, de documenter les crimes et de traduire leurs auteurs en justice. La France insiste sur la nécessité pour toutes les parties impliquées dans le conflit de respecter le droit international humanitaire et les droits fondamentaux de la population congolaise.

Dans ce même contexte de violences, la France a aussi condamné l’assassinat brutal du journaliste Fiston Wilondja Mukamba, enlevé puis tué le 4 août à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu. Journaliste reconnu et permanent de la centrale de monitoring de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), sa mort suscite une onde de choc dans la profession. Paris a rappelé son attachement indéfectible à la liberté de la presse, qu’elle considère comme un pilier de toute société démocratique. De son côté, le gouvernement congolais a qualifié cet assassinat d’acte criminel et promis que justice serait rendue.

Face à cette flambée de violences, la France réaffirme son appui total à la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), notamment dans l’accomplissement de son mandat de protection des civils. Elle exhorte les autorités congolaises, les groupes armés ainsi que la communauté internationale à œuvrer ensemble pour mettre fin à l’impunité, restaurer la paix et garantir la sécurité des populations dans l’Est de la RDC.

Gilbert N.

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