RDC : plus de 600 agents indûment payés, près de 34 000 enseignants sous-payés
RDC : plus de 600 agents indûment payés, près de 34 000 enseignants sous-payés
AFP
D’après le compte rendu officiel, 618 agents ont perçu cette prime de manière illégale ou indue. Parmi eux, 470 enseignants des niveaux maternel et secondaire, ainsi que 148 agents administratifs. Une situation jugée préoccupante par les autorités, qui y voient une atteinte à la crédibilité du dispositif de gratuité de l’enseignement.
Des anomalies détectées dans le fichier de paie
La prime de gratuité, instaurée pour accompagner la politique de gratuité de l’enseignement primaire et améliorer les conditions de vie des enseignants, fait désormais l’objet d’un contrôle accru. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a indiqué que les vérifications en cours ont permis de déceler plusieurs paiements non conformes à la réglementation. En réponse, des mesures conservatoires, administratives et disciplinaires ont été prises afin de préserver l’intégrité du fichier des bénéficiaires et de stopper les versements irréguliers.
Dans cette dynamique, la Direction nationale de contrôle et de la paie des enseignants (DINACOPE) a lancé, depuis janvier 2026, une opération de révision systématique du fichier de paie. Ce travail a déjà permis de corriger de nombreux cas d’irrégularités, notamment parmi 32 732 enseignants du primaire.
Paradoxalement, alors que certains agents ont bénéficié de paiements indus, une autre réalité tout aussi alarmante se dessine : celle d’enseignants non payés ou sous-payés.
Selon les chiffres communiqués, 788 enseignants du primaire n’ont perçu aucun salaire pour le mois de mars 2026, tandis que 33 938 autres ont été rémunérés en deçà de leurs droits. Ces dysfonctionnements récurrents mettent en évidence les failles persistantes du système de paie, malgré les réformes engagées.
Plusieurs acteurs du secteur éducatif dénoncent depuis longtemps des retards, des erreurs de traitement et des perturbations liées à des contraintes techniques et administratives, particulièrement dans les zones où les infrastructures bancaires et numériques restent limitées.
Face à ces dérives, le ministère de l’Éducation nationale a amorcé une transition vers une gestion numérique des effectifs et des paiements. L’objectif est de fiabiliser les données, éliminer les doublons et les agents fictifs, et réduire significativement les erreurs de paie.
Selon les autorités, cette digitalisation permettra un meilleur ciblage des bénéficiaires, un renforcement des mécanismes de contrôle et une prévention plus efficace des abus.
Cette réforme s’inscrit dans le cadre du Plan quinquennal 2024-2029, qui ambitionne de placer les technologies de l’information et de la communication au cœur de la gouvernance éducative en République démocratique du Congo.
Gilbert N.
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