Écoles & Universités Frais académiques : ce que révèle l’enquête explosive de l’Assemblée nationale dans les universités

Frais académiques : ce que révèle l’enquête explosive de l’Assemblée nationale dans les universités

Minerval, effort de construction, frais d'internet, carte d'étudiant : la commission doit reconstituer le trajet de quotités que le député à l'origine de l'enquête dit non versées.

Frais académiques : ce que révèle l’enquête explosive de l’Assemblée nationale dans les universités
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 17 JUILLET 2026 - 23:20 WAT · 4 min de lecture

Vingt-trois députés, vingt jours de travaux, plusieurs villes universitaires. C’est le format de la commission d’enquête parlementaire installée le jeudi 7 mai 2026 à Kinshasa par le rapporteur du bureau de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli, pour auditer la gestion des quotités des frais académiques dans les établissements de l’Enseignement supérieur et universitaire. Son mandat couvre la perception et la gestion des frais de dossier, des frais bancaires et des autres frais techniques réclamés aux étudiants des institutions publiques, sur les trois dernières années académiques.

L’initiative revient au député national André Mushongo, élu de Tshikapa Ville dans le Kasaï et professeur d’université. Sa demande a franchi l’étape du bureau d’études de la chambre en mars, avant l’adoption de la résolution créant la commission, prévue par l’article 212 du règlement intérieur. Il fonde sa démarche sur des signalements reçus du secteur. « Nous avons reçu plusieurs plaintes émanant des structures et services étatiques […] relatives à la gestion des quotités du minerval et des frais connexes », déclarait-il en mars à Actualite.cd.

Le député situe son grief principal dans le versement de ces quotités. « Après vérification, nous avons constaté le non-versement des quotités du minerval par les chefs d’établissements publics de l’ESURSI, ainsi que la non-affectation orthodoxe des fonds destinés à l’amélioration des conditions d’apprentissage des étudiants », affirmait le député. Le minerval congolais est fractionné en quotités destinées à différentes structures publiques, parmi lesquelles le FPEF et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD). C’est le trajet de ces fractions que la commission doit reconstituer.

Le périmètre de l’audit englobe la carte nationale de l’étudiant, l’effort de construction, la solution numérique ESURSI, la connectivité à la bibliothèque numérique nationale, les dépenses liées aux laboratoires et aux infrastructures académiques.

Deux exemples reviennent dans ses interventions. Celui des bâtiments, d’abord. Le député relève que l’État congolais a construit lui-même les bâtiments de certaines universités, et s’étonne qu’on continue d’y facturer l’effort de construction. Il cite l’Université officielle de Mbuji-Mayi, l’Université de Kananga et l’Université pédagogique nationale. Celui de la connexion, ensuite. Il rappelle que le ministère des PTNTIC a installé, à travers la RAM, le wifi gratuit dans les sites universitaires, et demande pourquoi les frais d’internet restent réclamés aux étudiants.

Le député évoque enfin les diplômes. « Les étudiants ont payé les frais de diplôme, mais ils terminent l’université et on leur donne un papier. Ils attendent éternellement le diplôme qui n’arrive pas », regrettait le député. L’objectif qu’il assigne à l’enquête tient en une phrase : « Il s’agit de réinstaurer le respect des textes légaux et réglementaires […] et de garantir la bonne gouvernance administrative, académique et financière. »

Les travaux devaient courir sur vingt jours dans plusieurs villes universitaires du pays.

L’audit se déroule pendant que le même secteur traverse un conflit social. Les syndicats des professeurs des universités et instituts supérieurs ont annoncé, après une séance de travail tenue le 15 juillet au ministère des Finances, leur intention de recommander à leurs assemblées générales la suspension de leur mouvement de grève.

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B
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