RDC : recrudescence des épidémies et urgences humanitaires
© WHO/Guerchom Ndebo Un homme de l'est de la République démocratique du Congo subit une prise de sang dans le cadre de son traitement contre le mpox.
AFP
La situation sanitaire en République Démocratique du Congo (RDC) demeure préoccupante. Selon le compte rendu du Conseil des ministres du, en l’absence du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, c’est la Ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, qui a dressé un état des lieux alarmant.
La lutte contre le Mpox connaît une aggravation notable. Au cours de la 15ᵉ semaine épidémiologique, les cas suspects sont passés de 1.453 à 2.044. Depuis le début de la campagne de vaccination, 521.048 personnes ont été immunisées, tandis que 110.000 doses restent disponibles en stock.
La situation du choléra est également en détérioration. Le nombre de cas suspects a légèrement augmenté, atteignant 1.198 cas contre 1.134 la semaine précédente, avec 22 décès enregistrés, soit un taux de létalité de 1,8 %. Les autorités sanitaires assurent que le dispositif de riposte est pleinement opérationnel.
Dans les zones sous occupation étrangère dans l’Est du pays, la crise humanitaire s’accentue. Entre le 15 et le 24 avril, 68 blessés par balle ont été admis dans les structures sanitaires de Goma (Nord-Kivu). Sur le plan épidémiologique, 122 cas de Mpox ont été confirmés sur 318 suspects, tandis que 270 cas suspects de rougeole ont été notifiés.
La province du Sud-Kivu n’est pas épargnée : 46 blessés par balles et 4 décès ont été recensés dans les structures de Bukavu durant la même période. De plus, 448 cas suspects de Mpox et 131 cas suspects de rougeole, avec 4 décès, y ont été enregistrés.
À Kinshasa, les conséquences des récentes pluies diluviennes sont dramatiques. Grâce à l’appui de l’Agence Nationale d’Ingénierie Clinique et du Numérique de la Santé (ANICNS), l’identification biométrique des sinistrés a permis d’établir une base de données fiable. Au 22 avril, la capitale comptait 537.912 sinistrés, 168 blessés, 78 morts et 7 disparus. Par ailleurs, 80 établissements de santé ont été touchés et 25.145 ménages affectés dans 10 Zones de Santé.
Face à cette situation, les autorités ont renforcé les capacités d’hébergement d’urgence. Outre les sites du Stade des Martyrs et du Stade Tata Raphaël, deux nouveaux centres ont été ouverts au Stade municipal de Bandalungwa et à Kinkole, tandis que ceux de l’ITI Lumumba et de l’ITI Kitomesa ont été fermés.
Le Conseil des ministres a pris acte de ce rapport, qui souligne l’urgence d’une réponse sanitaire et humanitaire renforcée face aux multiples crises qui frappent la RDC.
Gilbert N.