RDC : rougeole et choléra gagnent du terrain sur fond d’insécurité et de pénurie de vaccins
RDC : rougeole et choléra gagnent du terrain sur fond d’insécurité et de pénurie de vaccins
AFP
Dans un contexte sécuritaire de plus en plus instable, marqué par des violences récurrentes à travers le pays, la République Démocratique du Congo (RDC) fait face à une recrudescence alarmante d’épidémies, notamment la rougeole et le choléra.
Selon le dernier rapport du système de gestion d’incident SGI-Choléra, publié le 23 juillet, la situation est particulièrement critique dans la province de la Tshopo, qui enregistre à elle seule 5,8 % des décès liés aux cas de diarrhée sanglante et de déshydratation.
Depuis plusieurs mois, rougeole et choléra continuent de se propager à grande vitesse. Début juillet, plus de 36 150 cas suspects de rougeole et 565 décès avaient été signalés dans les 26 provinces du pays, tandis que le choléra touchait déjà plus de 33 864 personnes, causant 757 décès.
Face à cette situation, l’Institut national de santé publique indique que Médecins Sans Frontières (MSF) a mené plus de 20 interventions d’urgence au premier semestre 2025. Ces actions ont permis de vacciner plus de 437 000 enfants contre la rougeole et de traiter plus de 5 430 malades. Cependant, ces campagnes restent limitées par d’importants défis logistiques et une pénurie chronique de vaccins.
Emmanuel Lampaert, représentant de MSF en RDC, souligne que ces ruptures fréquentes compromettent gravement les efforts de vaccination, notamment dans l’est du pays, en proie aux conflits armés. À Pakadjuma, un quartier défavorisé de Kinshasa, les habitants affrontent une flambée meurtrière de choléra, faute d’infrastructures sanitaires adéquates et contraints de parcourir de longues distances pour accéder aux soins.
Pour Dr Luiza Suarez, coordinatrice médicale de MSF au Sud-Kivu, il est urgent d’investir dans l’accès à l’eau potable et l’assainissement afin de prévenir la propagation de ces maladies. Les campagnes de vaccination ont été retardées à Bambo et Masisi en raison des violences, tandis que la fermeture des aéroports de Goma et Bukavu entrave l’acheminement des vaccins.
Dans ce contexte complexe, les autorités et leurs partenaires internationaux sont appelés à intensifier leurs efforts pour endiguer ces épidémies dévastatrices. La réouverture des aéroports et la sécurisation des corridors humanitaires restent essentielles pour protéger des millions de Congolais déjà durement éprouvés.
Albert Einstein M