RDC–Rwanda: Boulos assure du soutien de Kagame au processus de paix
RDC–Rwanda: Boulos assure du soutien de Kagame au processus de paix
AFP
La question était inévitable. Alors que le Rwanda est de nouveau mis en cause dans le dernier rapport du Groupe d’experts de l’ONU pour son soutien au M23, le conseiller spécial américain Massad Boulos a dû répondre : cette responsabilité est-elle prise en compte dans le partenariat que les États-Unis s’apprêtent à signer avec Kigali et Kinshasa ? Sa réponse, mesurée mais ferme, est révélatrice d’une posture américaine axée sur la diplomatie pragmatique : « Oui, le président Kagame a exprimé son engagement total en faveur de cet accord de paix. Il a exprimé son soutien sans réserve à une issue pacifique au conflit. »
Le M23 n’a pas été écarté de la discussion. Boulos précise même que l’engagement de Kagame concerne explicitement la rébellion armée, ainsi que le cadre officiel des pourparlers de Doha. Ces discussions, menées sous la facilitation du Qatar, sont selon lui entrées dans une phase décisive. « Un projet d’accord final a été établi et devrait être mis au point lors de la prochaine réunion », a-t-il confié, évoquant des responsables de haut rang attendus des deux côtés. « Cette fois-ci, les représentants seront des responsables de haut rang de toutes les parties concernées. »
Du point de vue américain, la dynamique actuelle repose sur deux leviers : un partenariat économique stratégique autour des minerais, et un engagement diplomatique total pour désamorcer le conflit.
Massad Boulos affirme que les États-Unis participent activement aux pourparlers de Doha, et continueront à le faire. Il insiste aussi sur le fait que le Rwanda y est pleinement impliqué. « Nous bénéficions du soutien total du Rwanda et du président Kagame pour garantir le succès de ces pourparlers », martèle-t-il.
Mais cette insistance sur la bonne volonté de Kigali contraste avec la gravité des accusations documentées. Le rapport des Nations Unies, publié récemment, accuse le Rwanda d’avoir soutenu militairement le M23, d’avoir permis le transit de minerais pillés à travers ses frontières, et d’avoir contribué à la déstabilisation de toute la région. À Kinshasa, cette divergence d’approche est accueillie avec prudence. Car si la voie diplomatique reste la seule viable, elle ne peut éluder les responsabilités.
Pour la RDC, l’enjeu est clair : un accord de paix ne saurait servir de parapluie diplomatique pour effacer les crimes commis. La participation de Kigali au processus de Doha doit s’accompagner d’un désengagement réel et vérifiable du M23, ainsi que d’un retour effectif de l’autorité de l’État dans les territoires occupés. Toute solution durable doit intégrer à la fois la sécurité, la justice et le développement local.
Les États-Unis, en affirmant leur engagement dans le processus de paix tout en renforçant leur présence économique dans la région, jouent une carte délicate.
Entre pression diplomatique et coopération régionale, ils cherchent à stabiliser un espace stratégique sans provoquer de rupture avec Kigali. Mais pour les Congolais, la réussite de ce pari ne se mesurera pas en annonces officielles ni en signatures solennelles, mais dans la réalité du terrain : la fin des violences, le retrait des forces rebelles, et la restitution aux civils de ce qui leur a été arraché par les armes.
La Rédaction
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