Mondial 2026 : la RDC peut-elle créer l’exploit face au Portugal de Cristiano Ronaldo ?
Après cinquante-deux ans d’absence sur la plus grande scène du football mondial, la RDC retrouve enfin la Coupe du monde. Ce mercredi à Houston, les Léopards entrent dans le vif du sujet avec un défi colossal : défier le Portugal de Cristiano Ronaldo lors de la première journée du groupe K. Face à l’un des favoris du tournoi, les hommes de Sébastien Desabre ont-ils les armes pour créer la sensation ?
Les Léopards de la RDC lors de leur séance d’entraînement avant le choc face au Portugal | ©️ FECOFA
AFP
Le rendez-vous a tout d’un choc des extrêmes. D’un côté, le Portugal, nation installée parmi les puissances du football mondial, champion d’Europe 2016 et deux fois vainqueur de la Ligue des Nations. De l’autre, une sélection congolaise qui découvre à nouveau les exigences du très haut niveau mondial après sa seule participation en 1974 sous le nom du Zaïre. Pourtant, dans ce Mondial déjà marqué par plusieurs surprises, les Léopards entendent jouer leur carte à fond.
Un groupe K ouvert derrière le favori portugais
La RDC évolue dans le groupe K aux côtés du Portugal, de la Colombie et de l’Ouzbékistan. Sur le papier, les Portugais apparaissent comme les favoris naturels de la poule, tandis que Colombiens et Congolais devraient se disputer les autres places qualificatives. Avec le nouveau format à 48 équipes permettant également à plusieurs meilleurs troisièmes de poursuivre l’aventure, chaque point pourrait s’avérer déterminant.
Pour les Léopards, réussir un résultat positif dès l’entrée en lice constituerait un avantage considérable avant les confrontations face à l’Ouzbékistan et à la Colombie.
Une première historique entre les deux nations

L’histoire est vierge entre les deux sélections. Le Portugal et la RDC ne se sont jamais affrontés en compétition officielle ni en match amical. Cette absence de références directes ajoute une part d’incertitude à la rencontre. Mais sur le plan du palmarès, l’écart demeure immense.
Le Portugal compte plusieurs générations dorées et s’appuie aujourd’hui encore sur Cristiano Ronaldo, auteur d’une longévité exceptionnelle. À 41 ans, le quintuple Ballon d’Or dispute sa sixième Coupe du monde, un record qui symbolise à lui seul l’expérience de cette équipe lusitanienne. La RDC, elle, participe seulement à sa deuxième phase finale mondiale. Son principal atout réside davantage dans sa dynamique collective et sa progression constante sous la direction de Sébastien Desabre.
Si les bookmakers placent largement le Portugal favori, certains chiffres invitent à la prudence. Les Congolais se distinguent par leur solidité défensive. Plusieurs de leurs récentes rencontres se sont jouées sur des scores serrés, témoignant d’une équipe difficile à déséquilibrer. Cette rigueur défensive constitue aujourd’hui la principale force des Léopards.
Le Portugal arrive toutefois avec davantage de certitudes. Les hommes de Roberto Martínez restent sur une série positive et disposent probablement de l’un des meilleurs milieux de terrain du tournoi, articulé autour de Bruno Fernandes, Vitinha et João Neves.
Quel onze pour les Léopards ?
Sauf surprise, Sébastien Desabre devrait reconduire son ossature habituelle dans un système proche du 4-2-3-1 :
Mpasi – Wan-Bissaka, Mbemba, Tuanzebe, Masuaku – Pickel, Moutoussamy – Bongonda, Elia, Wissa – Bakambu.
Le sélectionneur congolais devrait privilégier l’expérience de Mbemba dans l’axe et la vitesse de Wissa et Elia pour exploiter les espaces laissés par les Portugais.
Le plan tactique pour faire tomber le Portugal

La RDC n’a sans doute aucun intérêt à entrer dans un bras de fer technique avec les Portugais. Le salut passera plutôt par trois principes. Premièrement, défendre bas et compact. Le Portugal adore monopoliser le ballon et installer son jeu dans le camp adverse. Les Léopards devront réduire les espaces entre les lignes afin d’empêcher Bruno Fernandes et Vitinha d’alimenter Ronaldo.
Deuxièmement, exploiter les transitions rapides. La vitesse de Wissa, Elia et Bongonda constitue une arme redoutable. Chaque récupération devra être transformée en contre-attaque. Troisièmement, gagner la bataille physique. Roberto Martínez lui-même a reconnu la puissance athlétique et la vitesse de transition des Congolais, deux aspects susceptibles de gêner son équipe. (Reuters)
Ronaldo, la menace permanente
Même à 41 ans, Cristiano Ronaldo demeure l’homme à surveiller. Son influence dépasse le simple aspect statistique. Sa présence mobilise les défenses, attire les regards et libère des espaces pour ses partenaires.
Autour de lui gravitent plusieurs joueurs capables de faire basculer une rencontre : Bruno Fernandes, Vitinha, Bernardo Silva ou encore Rafael Leão. Malgré l’absence du défenseur Rúben Dias, blessé, le Portugal conserve une profondeur d’effectif impressionnante.
Une surprise est-elle possible ? Oui, mais elle passera par un match presque parfait. La RDC ne dispose pas des mêmes individualités que son adversaire. En revanche, elle possède des arguments susceptibles de perturber les Portugais : une défense disciplinée, une forte densité athlétique et une capacité à se projeter rapidement vers l’avant. Les performances récentes de plusieurs sélections africaines dans ce Mondial ont démontré que les hiérarchies ne sont plus immuables.
Pour espérer créer l’exploit, les Léopards devront résister durant les premières minutes, frustrer Ronaldo et ses coéquipiers, puis saisir la moindre opportunité en contre-attaque. Sur le papier, le Portugal part favori. Mais dans une Coupe du monde où chaque détail compte, la RDC possède peut-être l’arme la plus dangereuse de toutes : celle d’une équipe qui n’a rien à perdre et tout à gagner.
