Santé Drépanocytose : à Matadi, les familles de malades réclament une prise en charge de l’État

Drépanocytose : à Matadi, les familles de malades réclament une prise en charge de l’État

Le 19 juin, Journée mondiale de la drépanocytose, des familles de Matadi réclament que l'État finance des soins hors de leur portée.

Drépanocytose : à Matadi, les familles de malades réclament une prise en charge de l’État
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 19 JUIN 2026 - 19:34 WAT · 2 min de lecture

MATADI — À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, vendredi 19 juin, des familles de malades de Matadi ont appelé l’État à financer des soins qu’elles ne peuvent plus assumer.

Dans le Kongo-Central, cette maladie génétique du sang impose aux enfants atteints des transfusions répétées et un traitement coûteux. L’Organisation mondiale de la santé la classe parmi les priorités de santé publique, mais à Matadi la charge reste portée d’abord par les ménages.

Princillia Kilonda, douze ans, décrit des crises qui reviennent sans prévenir. « Quelquefois j’ai des vertiges, j’ai mal aux jambes et des douleurs dans tout le corps. Parfois cela exige une transfusion sanguine », explique-t-elle au reporter de Radio Okapi.

Pour les parents, le coût des soins est le premier obstacle. « Gérer ces enfants, c’est très difficile. Nous devons faire des transfusions chaque jour, parce que nous n’avons pas les moyens pour payer les médicaments appropriés, et les vaccins. C’est pourquoi nous réclamons une prise en charge pour ces enfants », témoigne une mère.

Les acteurs associatifs demandent que la drépanocytose soit traitée à l’égal d’autres maladies prioritaires, comme le VIH/sida ou le cancer. Sofia Bamwenela, coordinatrice de l’ONG Drepalife, réclame un dépistage gratuit et la fourniture des traitements de base — acide folique, Péni V, hydroxyurée, vaccins. « Nous ne sommes pas en mesure d’avoir tous ces moyens pour faire vacciner tous ces enfants », déclare-t-elle.

Selon le Programme national de lutte contre la drépanocytose, deux à trois pour cent des enfants naissent en RDC porteurs du gène S. À Matadi, la prise en charge repose sur l’hôpital Saint-Gérard et sur trois structures de sensibilisation. Le débat a aussi gagné le terrain législatif : une proposition de loi vise à rendre obligatoire le test prénuptial de dépistage, tandis que le député Antoine Ntabala appelait, vendredi, les jeunes au dépistage précoce.

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B
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