RDC–Rwanda : Lenteurs persistantes dans la mise en œuvre de l’accord sur la neutralisation des FDLR
RDC–Rwanda : Lenteurs persistantes dans la mise en œuvre de l’accord sur la neutralisation des FDLR
AFP
La mise en application de l’accord visant à neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) – groupe armé d’origine rwandaise installé depuis plusieurs décennies dans l’Est de la République démocratique du Congo – et à obtenir le retrait des « mesures défensives » du Rwanda, peine à se matérialiser. Selon Radio France Internationale (RFI), aucun progrès notable n’a été constaté sur le terrain, alors même que le calendrier initial prévoyait un premier jalon dès la fin juillet.
Signé il y a plusieurs semaines, le texte fixait une première phase de sensibilisation, de planification et d’échanges de renseignements à lancer dans les deux semaines suivant sa conclusion. Cette étape reposait notamment sur la mise en place du Mécanisme conjoint de coordination de sécurité, chargé d’identifier et de localiser les FDLR. Or, ce dispositif, qui devait être opérationnel au plus tard le 27 juillet, accuse un retard considérable.
Selon RFI, la première réunion de ce mécanisme ne s’est tenue que cinq jours avant la diffusion de leur reportage, en Éthiopie. Les participants y ont adopté des termes de référence encadrant les futures rencontres, mais cette session a été perçue par plusieurs sources comme une simple prise de contact plutôt qu’un véritable coup d’envoi opérationnel. La deuxième réunion, prévue pour septembre, devrait enfin se concentrer sur l’élaboration du concept d’opérations – précisant les responsabilités, les modalités et le rôle des médiateurs.
Une source proche du dossier, citée par RFI, estime que le délai de trois mois prévu pour neutraliser les FDLR ne commencera réellement à courir qu’après cette deuxième rencontre.
En attendant, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure explosive. Kinshasa continue d’accuser Kigali de soutenir le mouvement rebelle M23 – des accusations que le Rwanda rejette. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a affirmé la semaine dernière que des militaires rwandais avaient participé, aux côtés du M23, au massacre de plus de 300 civils congolais en juillet dans le territoire de Rutshuru. Kigali dénonce des accusations « sans preuve », les qualifiant « d’inacceptables » et critiquant la méthodologie de l’ONU.
D’après le HCDH, il s’agit de l’un des bilans les plus lourds depuis la résurgence du M23 : 319 civils tués entre le 9 et le 21 juillet dans quatre villages, principalement des agriculteurs exécutés chez eux en pleine saison des plantations. Pour Kigali, de telles accusations risquent de compromettre les efforts actuels en faveur d’une résolution pacifique du conflit.
Gilbert N.
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