Éducation & Formation Rentrée scolaire à Beni : les enfants déplacés ratent l’école et se livrent à la mendicité

Rentrée scolaire à Beni : les enfants déplacés ratent l’école et se livrent à la mendicité

Rentrée scolaire à Beni : les enfants déplacés ratent l’école et se livrent à la mendicité
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 1 SEPTEMBRE 2025 - 17:43 WAT · 2 min de lecture

La rentrée scolaire 2025-2026 s’est déroulée ce lundi 1er septembre à Beni, mais elle a laissé sur le côté des centaines d’enfants déplacés de guerre. Dépourvus de fournitures scolaires et sans encadrement, ces enfants n’ont pas rejoint les bancs de l’école malgré la gratuité de l’enseignement de base.

On les retrouve à la mairie de Beni, au bureau administratif du quartier Tamende ou encore au cimetière de Kibango. Là, au lieu de cartables et de cahiers, ce sont les mains tendues qui dominent : la mendicité est devenue pour eux la seule voie de survie. « Ces enfants n’ont pas de fournitures pour débuter l’année. Ils mendient pour nous permettre de trouver de quoi manger », explique madame Rose, une déplacée rencontrée à la mairie.

La plupart de ces familles ont fui les exactions du M23 dans les territoires de Goma, Kanyabayonga, Alimbongo et Kitsumbiro. Parmi elles, des veuves et des enfants de militaires morts au combat, aujourd’hui laissés sans assistance. Pire encore, ces déplacés affirment être menacés d’expulsion par l’autorité urbaine. « Nous n’avons jamais reçu la visite d’une autorité, même pas du maire avec qui nous partageons la concession. Au contraire, il veut nous chasser. Même les enfants de militaires tombés au front survivent désormais dans la mendicité », déplore la même source.

À défaut d’abris, certains dorment à la belle étoile, tandis que d’autres ont érigé de petites huttes de fortune sur les tombes du cimetière de Kibango. Une situation dénoncée par plusieurs déplacés, qui pointent l’indifférence totale des autorités. « Nous vivons grâce aux enfants qui mendient, exposés à toutes les formes de manipulation », ajoutent-ils.

Malgré les alertes répétées sur ces conditions de vie inhumaines, les autorités locales n’ont pris aucune mesure. Résultat : à Beni, des centaines d’enfants déplacés de guerre sont privés de leur droit à l’éducation et sombrent peu à peu dans la mendicité.

Azarias Mokonzi

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…