Société RDC : les 18 entités où la rentrée sera différenciée n’ont pas été nommées
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RDC : les 18 entités où la rentrée sera différenciée n’ont pas été nommées

Cahiers imprimés toutes les quatre semaines et émissions de radio communautaire dans dix-huit entités à haut risque. Douze jours avant la rentrée, deux découpages différents les désignent et la liste n'est pas publiée.

Élève écrivant sur un cahier dans une école en République démocratique du Congo

Dans dix-huit entités à haut risque, la rentrée reposera sur des cahiers imprimés et des émissions de radio. Photo d'archives.
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 21 AOÛT 2026 - 20:56 WAT · 7 min de lecture

La rentrée scolaire 2026-2027 aura lieu le mardi 1er septembre sur l’ensemble du territoire. Dans dix-huit entités classées à haut risque, elle ne ressemblera pas à celle des autres. La ministre d’État à l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, l’a annoncé le 18 août à Kinshasa, lors d’un briefing coanimé avec le ministre de la Santé publique et le porte-parole du gouvernement. Douze jours avant l’échéance, la liste de ces dix-huit entités n’a pas été publiée.

Deux découpages différents les désignent, et ce n’est pas un détail de vocabulaire. Certains comptes rendus parlent de dix-huit zones de santé, d’autres de dix-huit sous-divisions éducationnelles. Une zone de santé est l’unité opérationnelle du ministère de la Santé publique, et le pays en compte 140. Une sous-division éducationnelle est l’unité déconcentrée de l’Éducation nationale, tracée sur d’autres frontières. Les deux ne se superposent pas : une sous-division peut couvrir plusieurs zones de santé, une zone de santé peut relever de plusieurs sous-divisions. Pour un parent de Bunia, d’Aru ou de Beni, la différence décide si l’école de son enfant est concernée ou non.

Ce que le dispositif prévoit

Le contenu de la mesure, lui, est établi. Il ne s’agit pas d’enseignement en ligne, et la ministre a insisté sur ce point : « Il ne faut surtout pas entendre « enseignement en ligne » ou « Internet ». Dans ce cas précis, pour l’épidémie d’Ebola dans les 18 zones à haut risque, c’est un enseignement à distance léger, sans Internet ni acquisition de matériel qui serait exigé aux enfants. »

Concrètement, les contenus pédagogiques seront préparés toutes les quatre semaines, conçus à partir des savoirs essentiels du programme scolaire, distribués sous forme de cahiers et de fiches imprimés localement, et accompagnés d’émissions diffusées par les radios locales et communautaires. Aucune connexion, aucun appareil à acheter. L’objectif affiché est d’« assurer la continuité des apprentissages tout en limitant les risques de propagation ».

Le dispositif annoncé par Raïssa Malu repose sur un classement en trois couleurs, vert, orange et rouge, selon le niveau de risque, avec pour but déclaré d’empêcher qu’une zone orange bascule en rouge ou qu’une zone verte passe en orange. S’y ajoutent la limitation des grands rassemblements en concertation avec les services de santé, la sensibilisation des enseignants et des chefs d’établissement, et le principe qu’un enfant malade ne se rend pas à l’école.

Ce que le terrain impose déjà

L’épidémie qui motive ces mesures a une ampleur que le bulletin de l’Institut national de santé publique publié le 19 août chiffre précisément. Au 18 août, 5 208 cas confirmés et 2 476 décès, soit une létalité de 47,5 %. Mille cent quinze personnes sont sorties guéries, 730 patients étaient hospitalisés ou en isolement, et le suivi des contacts atteignait 84,0 %, pour un seuil opérationnel fixé à 95 %. Six provinces et 56 zones de santé sont touchées, dont 28 sur 36 en Ituri, 12 sur 34 au Nord-Kivu et 7 sur 23 en Tshopo. L’établissement précise que ses données « restent évolutives et peuvent être ajustées à la suite de la consolidation, de la validation et de l’harmonisation des informations rapportées par les provinces et les piliers de la riposte ».

Dix-huit entités à haut risque sur cinquante-six zones de santé touchées : le dispositif scolaire ne couvre pas l’ensemble du périmètre épidémique, il vise les points les plus exposés. Le second obstacle est scolaire. BETO rapportait le 19 août qu’à Bapere il n’y a plus d’école, et qu’à Beni les enseignants ne sont pas payés. Un enseignement à distance léger suppose trois choses qui ne vont pas de soi dans ces territoires : des radios communautaires qui émettent, des imprimeurs livrés et réglés, et des enseignants présents pour distribuer les fiches, suivre les élèves et corriger. Là où l’école n’existe plus, aucune fiche ne circule.

La concertation avec les services de santé, que le dispositif place au cœur de la limitation des rassemblements, repose elle aussi sur des équipes sous tension. Depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai à Mongbwalu, quatre centres de traitement au moins ont connu des mouvements de grève de leurs prestataires pour arriérés de salaires : Rwampara le 13 juillet, Mongbwalu le 3 août, Nizi le 8 et Kasenyi le 14. Ce sont ces mêmes services que les écoles devront consulter avant de décider d’un rassemblement.

Reste la question que la maison pose à chaque annonce. Imprimer des cahiers pour dix-huit entités toutes les quatre semaines, les acheminer et acheter des tranches d’antenne représente un coût récurrent. Aucun montant n’a été rendu public, alors que le Conseil des ministres du 14 août constatait 8,3 milliards de dollars de financements extérieurs acquis et non décaissés, et un budget d’équipement exécuté à 0,24 % au 30 avril.

Le 1er septembre est dans douze jours. Ce jour-là, dans dix-huit entités du pays dont le nom n’est pas public, des parents devront savoir si leurs enfants prennent le chemin de l’école ou attendent un cahier imprimé et une émission de radio.

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B
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