Économie Sankuru : « Tant que l’enclavement persistera, le pouvoir d’achat restera pénalisé » (Mukoko)

Sankuru : « Tant que l’enclavement persistera, le pouvoir d’achat restera pénalisé » (Mukoko)

En déplacement à Tshumbe pour le cinquième jour de sa mission économique, le ministre de l’Économie nationale Daniel Mukoko Samba a livré sur X quatre constats sur le Sankuru. Le premier fait de l’enclavement la cause centrale de la cherté de la vie.

Sankuru : « Tant que l’enclavement persistera, le pouvoir d’achat restera pénalisé » (Mukoko)
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 20 JUIN 2026 - 15:59 WAT · 3 min de lecture

TSHUMBE, Sankuru — Le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a bouclé jeudi 18 juin à Tshumbe la cinquième journée de sa mission de terrain au Sankuru. Le même jour, sur son compte X, il a tiré quatre constats de ses échanges avec les populations et les acteurs économiques de la province. Le premier vise l’enclavement, qu’il désigne comme le principal moteur de la vie chère.

D’après le ministre, les produits de consommation se vendent au Sankuru quatre à cinq fois plus cher qu’à Kinshasa. Il attribue cet écart non à un défaut d’offre, mais aux coûts logistiques : le transport, l’état des routes, les ruptures d’approvisionnement et les faibles volumes de marchandises en circulation. « Tant que l’enclavement persistera, le pouvoir d’achat des ménages restera pénalisé », a-t-il écrit.

Son deuxième constat porte sur le capital humain. Mukoko cite l’Université Notre-Dame de Tshumbe, ses cliniques universitaires et d’autres établissements d’enseignement supérieur comme la preuve d’un potentiel de formation et de recherche déjà présent sur place. Ce potentiel, ajoute-t-il, restera sous-employé sans investissements complémentaires dans l’énergie, le numérique, les équipements et la mobilité.

Le ministre relie ensuite l’environnement à l’économie. Il pointe l’érosion qui ronge la route menant au pont sur la rivière Lokombe, sur l’axe reliant Lubefu à Katako-Kombe. Le phénomène, qu’il décrit comme une menace pour la circulation des personnes et des biens, déborde selon lui le seul registre écologique. « La protection de ces infrastructures doit être considérée comme une priorité économique autant que sécuritaire », a-t-il déclaré.

Le quatrième enseignement tient lieu de synthèse. Les défis du Sankuru — énergie, santé, enseignement supérieur, commerce, routes, érosion — sont à ses yeux interdépendants, et une intervention sectorielle isolée produirait des résultats limités. « Le Sankuru a besoin d’un programme intégré de désenclavement et de relance économique articulé autour de quelques pôles structurants », a-t-il résumé.

Province du centre du pays née du démembrement du Kasaï-Oriental en 2015, le Sankuru compte parmi les territoires les moins reliés au réseau routier national. La mission de Daniel Mukoko s’inscrit dans une série de déplacements économiques qu’il documente jour après jour sur les réseaux. Les constats publiés jeudi reposent sur sa seule communication ; l’écart de prix avec Kinshasa qu’il avance n’a pas fait l’objet d’un relevé indépendant à ce stade.

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B
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