Politique Sous-traitance en RDC : Miguel Kashal démonte les accusations de Joseph Kabila et défend la réforme Tshisekedi
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Sous-traitance en RDC : Miguel Kashal démonte les accusations de Joseph Kabila et défend la réforme Tshisekedi

Miguel Kashal Katemb reçu par le Président Félix Tshisekedi à la Cité de l’OUA. Kinshasa avril 2025. ©️Présidence RDC.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 26 MAI 2025 - 08:29 WAT · 4 min de lecture

La sous-traitance en République démocratique du Congo (RDC) s’invite de nouveau au cœur du débat national. À la suite des déclarations de l’ancien président Joseph Kabila, accusant les réformes sous l’administration de son successeur d’avoir désillusionné les entrepreneurs congolais, le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, a pris la parole pour livrer une réponse à la fois vigoureuse et argumentée.

Dans un message publié dimanche sur le réseau social X (anciennement Twitter), Kashal Katemb a exprimé son « regret » face à ce qu’il qualifie de « critiques aléatoires et fausses » de l’ancien chef de l’État. Il récuse fermement l’idée selon laquelle les six dernières années auraient été une période de désenchantement pour les opérateurs économiques congolais. Bien au contraire, affirme-t-il, « la sous-traitance était jadis l’apanage de Joseph Kabila et de sa famille », une sphère verrouillée, selon lui, par des intérêts privés dominants et des pratiques opaques.

Se référant aux révélations des Panama Papers publiées en 2016, il rappelle que plusieurs contrats étaient signés à l’étranger, avec des fonds transférés vers des comptes offshore. De telles pratiques, estime-t-il, donnaient alors l’impression que la loi sur la sous-traitance, pourtant votée sous la présidence de Kabila, visait moins à réglementer le secteur qu’à en renforcer la mainmise familiale.

Un tournant économique sans précédent

Aujourd’hui, Miguel Kashal affirme que le paysage a profondément changé. Sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, dit-il, le secteur est désormais ouvert « à tous les Congolais », grâce à une série de réformes structurelles. Il cite notamment la publication des appels d’offres sur les plateformes officielles de l’État, garantissant ainsi une meilleure égalité des chances pour les entrepreneurs locaux et ceux de la diaspora.

Les effets de ces réformes, selon lui, sont palpables. En 2024, plus de deux milliards de dollars, jusque-là hors du circuit économique national, ont été récupérés au bénéfice des entreprises congolaises. « Ces montants captés en RDC favorisent le développement de la chaîne de valeur locale », affirme-t-il, en soulignant qu’il s’agit d’un tournant économique sans précédent.

Il invite dès lors l’ancien président à se confronter à la réalité des chiffres. « Joseph Kabila peut-il nous montrer, durant ses 18 ans au pouvoir, combien de jeunes entrepreneurs, qu’il prétend défendre aujourd’hui, ont signé des contrats de plusieurs millions de dollars, comme c’est le cas aujourd’hui ? » interroge-t-il.

Autre avancée majeure évoquée : l’instauration d’un contrôle rigoureux et régulier sur l’exécution des marchés. Une première, selon le DG Kashal, dans l’histoire de la sous-traitance congolaise. Il y voit une garantie nouvelle pour l’émergence d’entreprises à capitaux majoritairement congolais.

La nécessité de rendre la RDC indépendante économiquement

Enfin, le directeur de l’ARSP met en lumière l’avant-projet de loi sur le contenu local, en voie de finalisation. Il salue cette réforme comme une initiative historique du président Tshisekedi, porteuse d’une ambition claire : « marquer la vraie indépendance économique du pays, une première depuis 1960 ».

À travers cette sortie, Miguel Kashal Katemb entend non seulement défendre les réformes actuelles, mais aussi souligner la rupture avec les pratiques du passé. Au-delà des échanges polémiques, c’est toute la question de la gouvernance économique et de la souveraineté nationale qui se trouve posée.

Odon Bakumba

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