Santé Sud-Kivu : MSF en première ligne face au paludisme et au choléra à Fizi
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Sud-Kivu : MSF en première ligne face au paludisme et au choléra à Fizi

Sud-Kivu : MSF en première ligne face au paludisme et au choléra à Fizi
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 27 NOVEMBRE 2025 - 18:01 WAT · 3 min de lecture

Face à l’explosion des besoins humanitaires dans le territoire de Fizi, Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé deux opérations d’urgence pour lutter simultanément contre le paludisme et le choléra. Ces interventions surviennent alors que plusieurs ONG ont été contraintes de réduire leurs activités en raison de coupes budgétaires internationales.

Entre août et novembre 2025, les bases MSF de Baraka et de Lweba ont pris en charge près de 19 000 cas de paludisme et 652 patients atteints de choléra, illustrant l’ampleur de la crise sanitaire.

Avec la saison des pluies, moustiques et contaminations se multiplient, tandis que le sous-investissement chronique dans la lutte antipaludique accroît la vulnérabilité des habitants.

Aline, mère de cinq enfants déplacée à Mulongwe, témoigne : « Nous n’avons plus accès à nos champs à cause du conflit. La terre, notre seule ressource, nous a été arrachée. Ma fille Adelphine lutte contre le paludisme à l’hôpital de Baraka, mais nos conditions de vie sont très difficiles. »

Dans la zone de santé de Fizi, aucune campagne de prévention n’a été menée depuis trois ans et les moustiquaires demeurent rares. Les coupes internationales ont fragilisé le Programme national de lutte contre le paludisme, faisant de MSF l’acteur principal du traitement dans la région. Pour rapprocher les soins des populations isolées, cinq Points paludisme ont été installés et cinq autres sont en cours d’ouverture.

Les affrontements entre FARDC, milices Wazalendo et groupe armé Twigwaneho attisent un vieux conflit interethnique. Dans les Hauts-Plateaux, 57 000 personnes restent encerclées, hors de portée de l’aide humanitaire. À Baraka, où se sont réfugiés plus de 20 000 déplacés, l’accès aux soins demeure entravé par les postes de contrôle armés.

« Nous recevons des patients déjà dans un état grave, après des heures de marche », explique Maria Santo, responsable médicale de MSF à Fizi. Elle évoque notamment un enfant de trois ans venu de Bibokoboko, après 20 km de trajet, souffrant de paludisme sévère et d’anémie.

Les routes longeant le lac Tanganyika deviennent impraticables en saison des pluies. Les mouvements des lignes de front compliquent également l’acheminement des médicaments, que MSF doit désormais faire transiter par le Rwanda, la Tanzanie puis le Burundi, rallongeant considérablement les délais.

Le choléra frappe tout particulièrement les familles dépendantes de l’eau du lac. Bokumba Fataki raconte :
« Mon fils de deux ans était très affaibli, avec vomissements et diarrhée. Nous buvons l’eau du lac parce que l’eau du robinet est rare. »

Pour enrayer l’épidémie, MSF a installé 31 points de chloration, mené des campagnes d’hygiène et remis en état 13 pompes manuelles avec les comités locaux. Résultat : en huit semaines, les cas de choléra ont chuté de 55 %. Mais des investissements durables dans l’eau potable et l’assainissement restent indispensables pour éviter de nouveaux pics.

Un groupe de femmes et d'enfants assis ensemble à l'extérieur, avec un mur en briques en arrière-plan. Une femme tient un bébé dans ses bras, tandis qu'une autre tient un plat et regarde pensivement. Des enfants jouent et se tiennent près d'elles.

Face à une situation aggravée par le conflit, le sous-financement international et les conditions climatiques extrêmes, MSF demeure le pilier de la prise en charge sanitaire à Fizi. L’organisation appelle les autorités et les partenaires internationaux à renforcer leur soutien pour garantir un accès durable aux soins et à l’eau potable dans la région.

Moïse Kashala

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