Politique Sud-Kivu : Plus de 370.000 déplacés vivent dans des conditions précaires (ONU)
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Sud-Kivu : Plus de 370.000 déplacés vivent dans des conditions précaires (ONU)

Sud-Kivu : Plus de 370.000 déplacés vivent dans des conditions précaires (ONU)
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 16 MARS 2025 - 14:11 WAT · 4 min de lecture

La situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), continue de se détériorer. Depuis février 2025, les violences dans les territoires d’Uvira et de Fizi ont contraint près de 370.000 personnes à fuir leurs foyers, selon une alerte lancée vendredi 14 mars par les agences humanitaires des Nations unies.

Dans le territoire de Walungu, également au Sud-Kivu, plus de 20.000 personnes ont fui les combats depuis le 3 mars. Ces déplacés vivent dans des conditions extrêmement précaires et ont un besoin urgent de nourriture, d’eau, d’abris et d’autres biens essentiels, rapporte ONU Info.

Violations graves des droits humains et violences sexuelles

Selon Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, de graves violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme ont été signalées. Entre le 9 et le 25 février, près de 400 cas de violences sexuelles ont été enregistrés à Uvira, d’après les partenaires locaux qui suivent la situation.

Par ailleurs, les combats ont ciblé des organisations humanitaires, rendant leur travail encore plus difficile. Cette intensification des violences survient alors que les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise, mènent une offensive militaire dans l’est de la RDC, prenant le contrôle de plusieurs territoires des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, rappelle ONU Info.

Une crise sans précédent pour les enfants

L’Unicef alerte sur les conséquences dramatiques du conflit pour les enfants. Depuis janvier 2025, les cas de violations graves contre les mineurs ont augmenté de 150 % par rapport à décembre 2024. Ces violations comprennent des meurtres, mutilations, violences sexuelles et enrôlement forcé dans les groupes armés.

Jean-François Basse, Représentant par intérim de l’Unicef en RDC, s’est rendu début mars dans l’est du pays pour évaluer la situation. « Nous sommes confrontés à une crise de protection sans précédent. Les enfants sont pris pour cible, tués, recrutés et exposés à d’horribles violences sexuelles et physiques », a-t-il déclaré, cité par ONU Info.

Une catastrophe humanitaire aggravée par le choléra et l’effondrement du système de santé

Les violences entravent également les opérations humanitaires. La fermeture de l’aéroport de Kavumu, à 25 km de Bukavu, complique l’acheminement des fournitures essentielles. La fermeture des banques perturbe aussi les paiements et distributions d’aide.

Le système de santé est submergé : quinze établissements médicaux ont été endommagés, tandis que les cas de choléra, de rougeole et de mpox augmentent dangereusement. Depuis janvier 2025, 377 cas de choléra ont été recensés, dont 146 nouvelles infections signalées fin février, principalement dans les sites de déplacement de Minova et Uvira, détaille ONU Info.

L’éducation en crise : plus de 1.000 écoles fermées

L’Unicef estime que plus de 300.000 élèves sont privés d’éducation à cause des violences. À Bukavu, 19 écoles sont désormais transformées en abris de fortune pour les familles déplacées. L’organisation plaide pour des solutions urgentes afin de garantir un accès à l’éducation malgré la crise.

Réponse humanitaire : un soutien insuffisant face à l’ampleur du drame

Malgré la gravité de la situation, les agences humanitaires intensifient leur assistance. L’Unicef a mis en place quatre points d’écoute pour le soutien psychosocial des enfants et familles touchées. Trois stations d’épuration d’eau fournissent actuellement 180.000 litres d’eau potable par jour pour limiter la propagation des maladies hydriques.

Le Fonds central d’intervention d’urgence de l’ONU (CERF) a débloqué 750.000 dollars pour contenir l’épidémie de choléra au Nord-Kivu. Cet argent servira à renforcer les efforts de l’Unicef et de l’OMS dans l’approvisionnement en eau, l’assainissement et les soins de santé, indique ONU Info.

Face à cette tragédie, l’Unicef appelle toutes les parties au conflit à cesser immédiatement les combats, à protéger les civils et à garantir un accès humanitaire sans entrave.

« Chaque jour sans une réponse humanitaire plus forte aggrave la souffrance des enfants et des familles déplacées », a insisté Jean-François Basse.

Gilbert N.

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