Suminwa 2 : le camp Fayulu dénonce une « manœuvre dilatoire » du pouvoir visant à préparer un glissement
Le Président Félix Tshisekedi et l'opposant Martin Fayulu au Palais de la nation en juin 2025.
Photo : Présidence de la République
AFP
Contre toute attente, la coalition Lamuka, dirigée par Fayulu, est absente du gouvernement Suminwa 2. Elle considère cette décision comme une manœuvre dilatoire du pouvoir, destinée à retarder le dialogue national et, en réalité, à préparer un dépassement du délai constitutionnel pour l’organisation des élections générales prévues en 2028.
« Pour nous, il est hors de question de différer le dialogue pour préparer un glissement. Y a-t-il un seul Congolais qui accepterait l’absence d’élections en 2028 ? », s’interroge Prince Epenge, porte-parole de Lamuka, à son retour d’un séjour à l’étranger, lors d’une déclaration à la presse à l’aéroport de Ndjili.
Selon lui, le président Tshisekedi souhaitait intégrer la coalition Lamuka au sein du nouveau gouvernement, mais son leader a décliné l’offre. Pourquoi ce refus, alors que tout semblait indiquer un rapprochement ? Prince Epenge répond :
« Nous avons refusé car l’urgence est de pacifier le pays, de libérer les territoires occupés au Nord et Sud-Kivu, de réconcilier les Congolais et d’amorcer les réformes, notamment électorales. À deux ans et demi de la fin du mandat de Félix Tshisekedi, il est temps d’agir. »
Le gouvernement Suminwa 2 compte 53 membres, avec l’entrée de plusieurs personnalités issues de la société civile et des partis de la coalition au pouvoir. Parmi elles, l’opposant Adolphe Muzito, nommé vice-Premier ministre chargé du Budget.
Fayulu, comme plusieurs autres acteurs de l’opposition — armée ou non —, appelle à la tenue rapide d’un dialogue national. Selon eux, seul ce cadre permettra d’identifier les causes profondes de la crise sécuritaire et politique qui secoue le pays, et d’ouvrir la voie à la réconciliation et à la cohésion nationales.
O. Fiston
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