Succession de Guterres : la RDC apporte son appui à une candidature du Golfe
Le chef de l’État a reçu à la Cité de l’Union africaine Cheikh Shakhbout bin Nahyan Al Nahyan, porteur d’un message du président émirati. L’entretien a porté sur la candidature de Lana Zaki Nusseibeh, déposée le 21 octobre. Son audition devant l’Assemblée générale est fixée au 27 octobre, et le mandat d’António Guterres s’achève le 31 décembre.
Succession de Guterres : la RDC apporte son appui à une candidature du Golfe
AFP
Le président Félix Tshisekedi a reçu à la Cité de l’Union africaine Cheikh Shakhbout bin Nahyan Al Nahyan, ministre d’État au ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, porteur d’un message du président émirati, Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan.
L’entretien a porté sur la candidature de Lana Zaki Nusseibeh, ministre d’État des Émirats arabes unis, au poste de Secrétaire général des Nations unies. Le chef de l’État a accueilli favorablement cette candidature, au regard de l’expérience diplomatique de l’intéressée et de ses plus de dix années comme ambassadrice et représentante permanente de son pays auprès des Nations unies.
Une démarche à cinq jours de son audition
La démarche émiratière tombe à un moment précis du calendrier onusien. Les Émirats arabes unis ont officiellement présenté la candidature de Lana Nusseibeh le 21 octobre 2026, par la lettre conjointe A/81/454-S/2026/832 adressée à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité.
Son dialogue interactif devant l’Assemblée générale est fixé au 27 octobre 2026 à 15 heures, heure de New York. C’est l’exercice public obligatoire par lequel chaque candidat expose sa vision et répond aux États membres. La tournée des capitales qui amène un émissaire émirati à Kinshasa précède donc de cinq jours cette audition.
Le second mandat d’António Guterres s’achève le 31 décembre 2026. Le Conseil de sécurité recommande un nom, l’Assemblée générale nomme. Chaque État membre, la RDC comprise, vote à ce dernier stade.
Qui est Lana Nusseibeh
Elle a été représentante permanente des Émirats arabes unis auprès des Nations unies de septembre 2013 à avril 2024, soit dix ans et sept mois, et la première femme à occuper ce poste pour son pays. Les « plus de dix années » mentionnées par la présidence congolaise correspondent à cette période.
Elle a été vice-présidente de la 72ᵉ session de l’Assemblée générale en 2017 et a présidé la même année le conseil d’administration d’ONU Femmes. Depuis avril 2024, elle est ministre d’État adjointe chargée des affaires politiques et envoyée du ministre des Affaires étrangères. Formée à Cambridge en histoire, elle a débuté comme consultante de l’UNESCO à Paris.
Sept candidatures en lice, et une candidature africaine retirée
Selon la liste tenue par les Nations unies, sept candidatures sont actives : outre Lana Nusseibeh, celles de l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, de la Costaricienne Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED, de la Guyanienne Carolyn Rodrigues Birkett, des Équatoriennes María Fernanda Espinosa et Ivonne A-Baki, et de l’Ougandais Olara Otunnu.
Un détail compte pour l’Afrique. La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall, présentée par le Burundi le 2 mars 2026, a été retirée le 20 octobre, la veille du dépôt de la candidature émiratière. La Chilienne Michelle Bachelet et l’Argentine Virginia Gamba s’étaient retirées plus tôt dans l’année.
Un partenariat déjà économique
Kinshasa et Abou Dabi ont des intérêts croissants en commun. En octobre, la RDC a pris part au forum Afrique-Portugal-Émirats arabes unis pour chercher de nouveaux partenariats économiques. Le pays a aussi noué un accord avec un opérateur émirati pour capter sa rente aurifière par des circuits officiels.
Sur le plan diplomatique, cette audience intervient après que le chef de l’État a imposé un canal unique pour les contacts entre l’administration congolaise et les ambassades, lors du Conseil des ministres du 23 octobre.
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