Walikale: MSF alerte sur le manque de ressources médicales pour la prise en charge de plus de 700 réfugiés à l’hôpital général
Hôpital général de Walikale, Nord-Kivu
AFP
L’organisation internationale Médecins Sans Frontières (MSF) a publié un communiqué ce mercredi 2 avril, signalant que plus de 700 personnes déplacées se sont réfugiées à l’hôpital général de Walikale, au Nord-Kivu, exacerbant la pression sur des ressources médicales déjà limitées.
MSF a souligné que, ces derniers jours, la situation a continué de se détériorer, la violence ayant gravement affecté l’accès aux soins de santé. Environ 80 % de la population a fui la ville, terrifiée par les tirs d’artillerie et la menace des hostilités.
Dans son communiqué, MSF a révélé que l’escalade des combats entre les FARDC et le M23/AFC, ainsi que leurs alliés respectifs, dans le Nord-Kivu, a atteint la ville de Walikale le 19 mars, piégeant le personnel de MSF à leur base et à l’hôpital.
« Nos équipes doivent suspendre leurs activités médicales lorsque des combats éclatent et ne peuvent pas se déplacer en toute sécurité. La sécurité de notre personnel et de nos patients est notre priorité absolue », a déclaré Natalia Torrent, responsable des programmes de MSF au Nord-Kivu.
Elle a également signalé des tirs intenses entendus à proximité de leur base, soulignant les risques extrêmes auxquels sont confrontés les travailleurs de la santé et les communautés qu’ils servent.
« Il y a deux semaines, un tir croisant a touché notre base logistique, endommageant nos infrastructures et plusieurs de nos véhicules. Des explosions massives ont été signalées près de l’hôpital général de la ville, où MSF aide le ministère de la Santé à fournir des soins médicaux », a-t-elle précisé.
Concernant les pénuries critiques de médicaments essentiels, Natalia Torrent a indiqué que les défis logistiques restent préoccupants, en raison de l’absence de routes et de voies aériennes viables pour le transport des fournitures et du personnel. « Notre dernière livraison aérienne est arrivée le 17 janvier. L’aéroport n’étant toujours pas opérationnel, l’acheminement de l’aide humanitaire demeure un défi majeur », a-t-elle déclaré.
« D’ici deux semaines, nos équipes sur le terrain commenceront à faire face à des pénuries de médicaments essentiels, ce qui compliquera encore leur capacité à fournir une assistance médicale urgente », a-t-elle ajouté.
Face à cette situation critique, MSF appelle une fois de plus toutes les parties belligérantes à respecter et à protéger les civils, les structures médicales et le personnel de santé, ainsi qu’à faciliter l’acheminement des fournitures médicales dans la région.
« Nous demandons d’urgence un accès sûr et garanti aux soins de santé pour toutes les personnes touchées par le conflit », a-t-elle insisté.
Depuis 15 ans, MSF soutient l’hôpital de Walikale en collaboration avec le ministère de la Santé, notamment dans la prise en charge des services de materné, de pédiatrie et de néonatologie. MSF fournit également des soins de santé mentale aux victimes de violences sexuelles et sexistes (SGBV) dans sa clinique de Tumaini et soutient une dizaine de centres de santé de la zone pour les soins généraux.
Gloire MALUMBA
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