Abandon du drainage à Kinshasa : l’OVD admet deux ans d’inaction
Depuis le perchoir de l’Assemblée nationale, Victor Ntumba, directeur général de l’Office des voiries et de drainage, est auditionné par les députés sur les responsabilités de l’OVD face aux inondations du 5 avril 2025.
© Cellcom Assemblée nationale
AFP
Le réseau de drainage de la ville de Kinshasa n’a plus été curé depuis deux ans. Cette précision a été donnée mercredi 21 mai par Victor Ntumba, directeur général de l’Office des voiries et drainage (OVD), lors de son audition à l’Assemblée nationale. Il répondait à une question orale avec débat adressée par la députée Dollie Tshilombo, à la suite des inondations qui ont frappé la capitale congolaise le 5 avril dernier.
Devant les élus nationaux, Victor Ntumba a rappelé que Kinshasa dispose de 350 kilomètres de collecteurs d’eaux, dont 30 % sont en mauvais état. Il a souligné que le dernier curage des caniveaux date de 2022, alors que la fréquence recommandée est trimestrielle.
« Le programme de curage est normalement établi chaque année en fonction des zones critiques identifiées, mais il est rarement mis en œuvre de manière effective. Aujourd’hui, on ne le fait plus. Cela fait pratiquement deux ans », s’est-il alarmé, redoutant une fragilisation des capacités d’intervention de l’OVD, avec pour conséquence une exposition accrue des populations aux effets dévastateurs des aléas climatiques.
Il a néanmoins indiqué que des travaux d’entretien du réseau de drainage sont envisagés dans les prochains jours dans le cadre d’un programme d’urgence doté d’un financement de 40 millions de dollars américains. Sur ce montant, seuls 21 millions ont déjà été décaissés au profit de l’OVD, de l’Office des routes et de la ville de Kinshasa.
Concernant le réseau routier, le directeur général a précisé que la capitale congolaise est couverte par 4000 kilomètres de voirie, dont 85 % se trouvent actuellement dans un état de délabrement très avancé. Il a expliqué cette situation par la faiblesse des ressources financières allouées à la réhabilitation des routes, lesquelles restent largement en deçà des besoins exprimés.
Victor Ntumba a également dénoncé les difficultés que connaît l’OVD depuis plus de deux décennies. Il a pointé l’insuffisance des crédits budgétaires prévus dans la loi de finances, qui contraint l’Office à recourir à des financements extra-budgétaires pour exécuter ses projets. « Une telle situation compromet la planification à court, moyen et long termes, et fragilise l’efficacité de l’action publique dans ce secteur », a-t-il déclaré.
Durant l’audience, plusieurs députés ont exprimé leurs préoccupations. Ils ont évoqué les retards dans l’exécution des travaux, la faible durabilité des infrastructures construites ou réhabilitées par l’OVD, l’inefficacité des politiques antiérosives, ainsi que des soupçons de détournement de fonds. En réponse, le directeur général de l’OVD a sollicité un délai de 48 heures pour apporter des clarifications détaillées aux questions soulevées.
F. ISSA
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