Sécurité & Défense Ituri : OCHA recense 198 civils tués à Mandima en mai, des dizaines de milliers de déplacés
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Ituri : OCHA recense 198 civils tués à Mandima en mai, des dizaines de milliers de déplacés

Dans son rapport de mai, OCHA attribue aux combattants ADF la mort de près de 200 civils dans la seule zone de santé de Mandima, en Ituri, sur fond de déplacements massifs.

casque bleu dans la localité de Lita, après des attaques armées, dans la région de Djugu, en Ituri, le 27 mars 2018. © ALEX MCBRIDE / AFP
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 20 JUIN 2026 - 09:31 WAT · 3 min de lecture

Le territoire de Mambasa a vécu un mois de mai meurtrier. Dans son rapport couvrant la période du 1er au 31 mai, parvenu à la presse le 17 juin, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) attribue à une série d’attaques de combattants ADF la mort de près de 200 civils dans la seule zone de santé de Mandima, en Ituri.

Le décompte est précis. « Entre le 24 et le 31 mai, des hommes armés auraient tué 41 civils dans les aires de santé de Biakato, Matchebe et Ngubo, selon des sources locales. Ces nouvelles attaques portent à 198 le nombre de civils tués dans la zone de santé de Mandima au cours du mois de mai, illustrant la détérioration continue de l’environnement de protection », rapporte OCHA. Les violences, récurrentes depuis février, ont déjà poussé plus de 45 000 personnes à fuir vers la zone de Biakato, où elles vivent dans des conditions précaires.

Le territoire voisin d’Irumu suit la même pente. Le 28 mai, la société civile locale a fait état d’au moins 17 civils tués dans deux villages de la zone de santé de Komanda, avec des habitations incendiées et des enlèvements. « Ces violences ont entraîné d’importants déplacements de population, dont les estimations restent inconnues, vers Luna ainsi que vers Eringeti, Oicha et Beni, dans la province du Nord-Kivu, accentuant les besoins humanitaires dans cette province voisine », précise le rapport.

À Mahagi, une incursion d’hommes armés dans des campements de pêche de l’aire de santé de Musongwa, le 30 mai, a coûté la vie à un civil et déplacé plus de 17 000 personnes vers les aires d’Apala, Abia et Gengere. « Ces personnes déplacées sont principalement hébergées dans des familles d’accueil et font face à des conditions de vie précaires et à un accès limité aux services sociaux de base et à l’assistance humanitaire », ajoute OCHA.

Ce bilan s’inscrit dans une crise installée. L’Ituri vit sous état de siège depuis mai 2021, sa gestion confiée aux Forces armées de la RDC, sans que la menace des ADF reflue. Ce groupe d’origine ougandaise, actif depuis près de trois décennies dans l’Est, a prêté allégeance en 2019 au groupe État islamique. Le manque de financements humanitaires, relevé dans le rapport, pèse sur une réponse déjà débordée.

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