Grands-Lacs Agression rwandaise : Kinshasa accuse Kigali d’exacerber les conflits communautaires à l’Est

Agression rwandaise : Kinshasa accuse Kigali d’exacerber les conflits communautaires à l’Est

Agression rwandaise : Kinshasa accuse Kigali d’exacerber les conflits communautaires à l’Est
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 12 MARS 2025 - 10:57 WAT · 3 min de lecture

Les différentes invasions perpétrées par les forces de défense rwandaise en complicité avec les rebelles du M23 ne font qu’exacerber les problèmes de cohabitation qui peuvent exister entre les communautés dans la partie Est de la République démocratique du Congo (RDC).

C’est ce qu’a dénoncé le ministre d’Etat, ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction, Alexis Gisaro au cours d’un briefing de presse co-animé avec son homologue de la communication et médias, Patrick Muyaya, ce mardi 11 mars à Kinshasa.

Selon ce ministre originaire de la province du Sud kivu, aucun membre Banyamulenge n’a demandé au Rwanda de venir protéger le reste de leur communauté vivant en RDC.

« Le phénomène de l’existence des groupes armés est pratiquement perceptible dans le pays comme dans tout autre. En RDC, il y a effectivement des problèmes de cohabitation entre les communautés. Ce sont des problèmes qui existent. Il s’agit juste d’une organisation en interne pour taire ces actes dans la région. Des exactions se font parce que plusieurs communautés de cette région sont porteuses d’armes. Nous avons également constaté que ce problème est exacerbé aujourd’hui à cause de l’ingérence du Rwanda. Cette ingérence est occasionnée au travers des multiples invasions sous prétexte de venir en aide à cette communauté », s’est-il avisé.

Le gouvernement congolais a à travers son porte-parole démenti la nouvelle selon laquelle, le régime Kagame agit dans la nécessité de protéger les Banyamulenge, ce groupe de Tutsis vivant dans la partie Est du pays. La RDC accuse l’armée rwandaise et ses supplétifs de massacrer au contraire à travers cette série d’agression plusieurs membres de cette communauté vivant dans cette région des grands lacs.

« J’attire l’attention ici, parce que c’est ça le piège du mandat. J’appelle cette situation terrible que nous vivons aujourd’hui, où notre pays est divisé. Notre pays est victime d’une occupation avec des prétextes fallacieux ,où un pays nous dit, je viens pour protéger la minorité Tutsi ou la minorité Banyamulenge qui sont en danger d’extermination. Mais par où vient ce projet d’extermination? Bien-sûr du Rwanda», a déclaré le Ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick MUYAYA KATEMBWE.

A Uvira , au Sud-Kivu ,la cohabitation entre les communautés se pose avec acuité depuis plusieurs années dans les hauts et moyens plateaux. Plusieurs acteurs tant de la société civile que du monde politique ont proposé des pistes de solution pour faciliter cette cohabitation entre les communautés dans cette partie du pays, malheureusement toutes ces propositions n’arrivent pas à mettre fin aux tensions entre les communautés.

Du côté du territoire de Fizi, la cohabitation entre les éleveurs et les résidents du secteur de Ngandja est souvent mise à l’épreuve autour de la question de transhumance. Il règne un climat de méfiance et d’intolérance mutuelle entre Babembe et banyamulenge. Des cas d’assassinats, des tueries, des pillages de vaches, des administrations parallèles créées par les groupes armés sont souvent signalés dans cette partie du pays. Le gouvernement congolais a appelé les uns les autres à contribuer à la résolution des conflits, à vivre en paix, à se conformer aux règles élémentaires pour la gestion de la transhumance en territoire de Fizi ainsi que dans les hauts et moyens plateaux d’Uvira et à Itombwe.

Persi M

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