ARDEV : deux directions concurrentes, la bataille se déplace en appel
L'ARDEV, parti de l'Union sacrée, vit avec deux directions rivales. Le camp Kyabula invoque un jugement de Lubumbashi, celui de Kaswamanga, reconnu par l'Intérieur, saisit la cour d'appel.
ARDEV : deux directions concurrentes, la bataille se déplace en appel
AFP
Le camp de Jacques Kyabula met en avant un jugement du tribunal de Lubumbashi qui le confirme à la tête du parti. Celui de John Kaswamanga, reconnu par le ministère de l’Intérieur, a saisi la cour d’appel.
Le 7 août, le camp de John Kaswamanga a porté le conflit devant la cour d’appel du Haut-Katanga. Quelques jours plus tôt, l’aile rivale, fidèle au fondateur Jacques Kyabula Katwe, avait fait signifier un jugement du tribunal de grande instance de Lubumbashi qui la conforte. Depuis le printemps, l’Action pour la rupture et le développement (ARDEV), formation membre de l’Union sacrée, vit avec deux directions qui se revendiquent chacune légitime.
Le tribunal de grande instance de Lubumbashi a tranché en faveur de Kyabula, présenté par ses partisans comme le président statutaire du parti. Selon l’exploit d’huissier signifié fin juillet et rapporté par la presse de Lubumbashi, la décision déclare « nulles et sans effet » les actes pris par l’aile adverse. Le fondateur, ancien gouverneur du Haut-Katanga qu’il a dirigé de 2019 à sa démission en mai, avait créé l’ARDEV en 2023.
En face, le comité national provisoire conduit par John Ngandu Kaswamanga conteste cette lecture. Il tient sa légitimité d’une reconnaissance du ministère de l’Intérieur, obtenue début juillet. « Le Comité national provisoire du parti […] a saisi officiellement le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur […] à la suite du désaveu de M. Jacques Kyabula Katwe à la tête du parti », écrivait la structure dans un communiqué, revendiquant la désignation de Kaswamanga « en attendant la tenue du congrès, organe souverain ». Pour ce camp, le jugement de Lubumbashi n’a pas tranché le fond du litige, d’où la saisine de la cour d’appel.
La rupture est née après la démission de Kyabula du gouvernorat, le 21 mai. Début juin, une partie du bureau politique l’a désavoué à Lubumbashi et engagé la réorganisation qui a débouché sur le comité national provisoire, lui reprochant une gestion contestée et un éloignement de l’Union sacrée. Le 11 juin, les deux camps s’étaient affrontés physiquement au siège du parti, avenue Mpolo.
À ce stade, aucune des deux voies n’a clos le dossier. Le jugement invoqué par le camp Kyabula est frappé d’appel, et la reconnaissance administrative dont se prévaut le camp Kaswamanga n’a pas été infirmée. L’ARDEV entre dans l’été avec deux présidents et un arbitrage encore suspendu.
