Arrestation du journaliste Stanis Bujakera: « les services de sécurité de notre État ont une présomption de culpabilité liée à leur réputation » (Litsani Choukran)
Arrestation du journaliste Stanis Bujakera: « les services de sécurité de notre État ont une présomption de culpabilité liée à leur réputation » (Litsani Choukran)
AFP
Restriction de la liberté d’expression, intimidation, musèlement de la presse, autant de maux pour qualifier la surprenante arrestation vendredi 8 août à l’aéroport international de N’djili, du journaliste Stanis Bujakera, directeur de publication adjoint de ACTUALITE.CD, correspondant de Jeune Afrique et Reuters en République démocratique du Congo. Le journaliste tentait de se rendre à Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga.
Depuis lors, des réactions fusent de partout pour exiger sa libération immédiate, lui qui a passé sa première nuit en détention.
Litsani Choukran, patron du média en ligne POLITICO.CD a déploré le fait que les services de sécurité de la République démocratique du Congo ont une « présomption de culpabilité liée à leur réputation et surtout leurs pratiques dans le passé ». Pour lui, il est difficile pour quiconque d’accepter une arrestation ou une procédure judiciaire surtout qui touche aux journalistes.
« Non pas que nous faisons de ces derniers des citoyens spéciaux, mais que nous sommes le corps le plus facile à identifier et le plus coopératif. Et du fait du passé qui a conduit à des assassinats de confrères et toute sorte de calamités, nous suggérons donc que nos contributions aux enquêtes se fassent sans passer par des mesures et actes qui laissent croire à une répression. D’autant plus que des voleurs ont quitté nos prisons sans explication, il est très difficile de croire en une quête de justice », a-t-il déploré indiquant qu’en tant que compatriotes « respectueux » des lois, les professionnels des médias acceptent toujours de se plier à des quêtes qui ont pour but de fortifier la Nation et son État.
« Pour cela, procédons cependant sans brutalité ni répression. Autrement, nous serons en face d’un État qui tente de nous bâillonner. Et ça sera toujours inacceptable », a-t-il ajouté.
Un peu plus tôt, le fondateur de POLITICO.CD a déclaré que les autorités congolaises doivent trouver meilleur moyen que des arrestations « arbitraires et inutiles » pour motifs de leurs enquêtes.
Selon les dernières informations, le journaliste Stanis Bujakera a quitté l’Inspection provinciale de la police de Kinshasa dans la matinée de ce samedi matin pour le lieu où il sera auditionné par une commission. Jusqu’à présent, les sources officielles ne sont pas encore exprimées sur les motifs de son arrestation.
Carmel NDEO
