Politique Au moins 50 civils tués dans une attaque nocturne attribuée au M23-AFC à Goma
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Au moins 50 civils tués dans une attaque nocturne attribuée au M23-AFC à Goma

Le ministre Congolais de l’intérieur et sécurité , Jacquemain Shabani lors d’un briefing presse. DROIT PHOTO : Cellcom ministère de la communication et des médias.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 14 AVRIL 2025 - 12:46 WAT · 3 min de lecture

Dans un communiqué officiel publié ce dimanche 13 avril 2025, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières a accusé l’armée rwandaise, épaulée par ses supplétifs du M23-AFC, de poursuivre une série d’exactions particulièrement graves dans les provinces de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). 

Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, dénonce « des actes répétés de violation de l’intégrité territoriale » du pays, se traduisant par des assassinats ciblés, des tortures, des viols et des pillages dans les zones occupées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. 

Il affirme que ces violences constituent non seulement une stratégie de terreur contre les populations civiles, mais aussi un mécanisme délibéré de financement de la guerre par Kigali. « Cinquante-deux morts ont été enregistrés, parmi lesquels un malade tué par balle sur son lit à l’hôpital de Kyeshero », précise le communiqué. 

Cette attaque, survenue dans la nuit du 11 au 12 avril 2025 à Goma et dans ses environs, est qualifiée par le ministère de « simulée et organisée » dans le but de détourner l’attention internationale des « crimes odieux et ciblés » perpétrés par les forces rebelles.

Entre le 6 et le 11 avril, les autorités congolaises disent avoir documenté 297 cas d’assassinats et d’exécutions sommaires, 72 viols, plus de 146 actes de torture corporelle, des centaines de disparus et de multiples cas de pillage, incluant le vol de plus de 2 000 têtes de bétail et plusieurs véhicules.

Selon Jacquemain Shabani, les violences ne s’arrêtent pas aux populations civiles. Les institutions financières opérant dans les zones sous contrôle rebelle ont également été la cible de raids armés. 

« Les différents braquages, pillages, vols et rafles opérés sur les populations et les institutions financières dans les zones occupées constituent un mécanisme de financement de la guerre par Kigali, qui éprouve à ce jour d’énormes difficultés pour prendre en charge ses militaires et supplétifs illégalement déployés sur le sol congolais », affirme-t-il.

Plus inquiétant encore, le ministère alerte sur des informations selon lesquelles de nouveaux massacres et assassinats ciblés seraient en préparation.

« L’armée rwandaise et ses supplétifs se préparent à commettre de nouveaux crimes contre les populations civiles dans les zones occupées », avertit le communiqué, soulignant une tentative « désespérée » de faire pression sur les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

La ville de Goma reste sous le contrôle du M23-AFC depuis janvier 2025. Malgré les appels répétés de la communauté internationale à un retrait des rebelles et au rétablissement de l’autorité de l’État, la situation sécuritaire continue de se dégrader, avec des conséquences dramatiques sur le plan humanitaire et social.

Le gouvernement congolais affirme poursuivre la documentation de ces crimes, avec l’intention de porter ces dossiers devant les instances judiciaires nationales et internationales, dans l’espoir que les auteurs de ces violations répondent un jour de leurs actes.

Ézéchiel CTM

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