Baleine échouée à Muanda : vers l’exhumation du squelette à des fins scientifiques et touristiques
Baleine échouée à Muanda : vers l’exhumation du squelette à des fins scientifiques et touristiques
AFP
Quarante jours après son enfouissement, la baleine échouée sur les côtes de Muanda, dans le Kongo-Central, continue de faire l’objet d’un suivi scientifique. Le gouvernement congolais prévoit désormais l’exhumation de ses restes afin de valoriser son squelette dans les domaines de la science, de la recherche, de l’éducation et du tourisme.
La baleine de Muanda n’a pas encore livré tous ses secrets. Ce mardi 1er septembre 2026, soit quarante jours après son enfouissement, une délégation interministérielle s’est rendue sur le site où le grand cétacé avait été mis en terre.
Conduite par la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat, la professeure Marie Nyange Ndambo, la délégation était composée notamment des autorités locales, des experts de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) ainsi que de chercheurs spécialisés en biologie marine.
Cette descente sur le terrain avait notamment pour objectif d’évaluer l’évolution du site et de vérifier le respect des mesures environnementales prévues lors de l’enfouissement.
Le gouvernement défend le choix de l’enfouissement
L’enfouissement de la baleine avait suscité de nombreuses réactions et interrogations au sein de l’opinion publique. Face aux critiques, le gouvernement entend désormais expliquer que cette décision répondait à des impératifs sanitaires, tout en s’inscrivant dans une démarche scientifique.
« La situation de la baleine a fait couler beaucoup d’encre. Nous sommes venus aujourd’hui pour montrer qu’en fait la décision du gouvernement était judicieuse », a déclaré Marie Nyange Ndambo.
Selon la ministre, l’enfouissement ne constitue donc pas la fin du processus, mais une étape permettant de récupérer ultérieurement les restes du cétacé dans de meilleures conditions.
« Après un temps, on pourra récupérer les restes pour des raisons scientifiques. Et après, on pourra utiliser le squelette pour des besoins touristiques et, pourquoi pas, aussi pour des besoins de recherches médicales », a-t-elle ajouté.
Le squelette au cœur du projet
Du côté du ministère du Tourisme, cette opération est également considérée comme une opportunité de valoriser le patrimoine naturel de Muanda.
Le ministre Didier Manzenga a expliqué que l’enfouissement constitue une phase transitoire destinée à permettre la décomposition naturelle des tissus mous avant l’exhumation des ossements.
À l’issue de cette période, des spécialistes devraient procéder à la récupération et au traitement des os afin de reconstituer le squelette du cétacé.
L’objectif est notamment de préserver cet élément exceptionnel de la biodiversité marine et de lui donner une seconde vie à travers la recherche, l’éducation et la sensibilisation à la protection des espèces marines.
Vers un futur site touristique à Muanda
Le gouvernement envisage également de sécuriser, baliser et aménager le site d’enfouissement. À terme, celui-ci pourrait être intégré au circuit touristique du littoral de Muanda.
Le squelette de la baleine pourrait ainsi devenir un outil pédagogique permettant aux visiteurs et aux jeunes générations de mieux comprendre la biodiversité marine ainsi que les espèces présentes dans les eaux congolaises.
Pour les autorités, cette initiative pourrait contribuer au développement du tourisme scientifique dans cette partie du Kongo-Central.
Un réseau d’experts congolais en biologie marine envisagé
Au-delà du cas de cette baleine, le gouvernement entend tirer les leçons de cet événement. Il envisage ainsi de formaliser un réseau réunissant des experts et des scientifiques congolais, établis en RDC ou à l’étranger, spécialisés notamment dans la biologie marine et l’étude des cétacés.
L’objectif est de disposer, à l’avenir, d’une expertise nationale capable d’intervenir rapidement en cas d’échouage de baleines ou d’autres phénomènes similaires sur les côtes congolaises.
Christian.T ÉZÉCHIEL
RDC : l’UNESCO outille les acteurs locaux pour mieux gérer la réserve de biosphère de Luki
Business Ready : l’échéance du 1er septembre place les « Quick Wins » du gouvernement à l’heure du bilan