Environnement & Climat Couloir vert Kivu-Kinshasa : 60 mégawatts, 25 000 emplois et 5 000 km² de forêt visés en 2027

Couloir vert Kivu-Kinshasa : 60 mégawatts, 25 000 emplois et 5 000 km² de forêt visés en 2027

La Première ministre a chiffré le projet devant l’Assemblée générale des Nations unies. Les 5 000 kilomètres carrés visés pour 2027 représentent moins de 1 % du périmètre de 540 000 kilomètres carrés annoncé en juillet par la ministre de l’Environnement.

Couloir vert Kivu-Kinshasa : 60 mégawatts, 25 000 emplois et 5 000 km² de forêt visés en 2027
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 25 SEPTEMBRE 2026 - 15:00 WAT · 4 min de lecture

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a chiffré, le 23 septembre à New York, les objectifs du Couloir vert Kivu-Kinshasa. « Avec une production de 60 mégawatts d’électricité, cette initiative porte également, à l’horizon 2027, l’ambition de créer 25 000 emplois et de protéger 5 000 kilomètres carrés de forêt naturelle », a-t-elle déclaré au débat général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, où elle représentait Félix Tshisekedi.

Trois chiffres et une échéance

Le discours présente le couloir comme le point où se rejoignent trois objectifs : « préservation des écosystèmes, développement économique et amélioration des conditions de vie des populations ». Les trois chiffres avancés sont datés de la même échéance, 2027, soit un peu plus d’un an.

Le discours ne dit pas où seraient produits les 60 mégawatts, ni de quelle source, ni quels emplois sont comptés dans les 25 000, ni où se situent les 5 000 kilomètres carrés visés.

Cinq mille kilomètres carrés, sur un périmètre annoncé à 540 000

Le troisième chiffre mérite d’être rapporté au périmètre du projet. En juillet, la ministre de l’Environnement Marie Nyange Ndambo décrivait le Couloir vert Kivu-Kinshasa comme une aire protégée de 540 000 kilomètres carrés, adossée à un fonds européen destiné à sécuriser les investissements.

Les 5 000 kilomètres carrés que le discours fixe pour 2027 représentent donc moins de 1 % de ce périmètre. Les deux chiffres ne sont pas contradictoires : l’un décrit l’emprise totale du couloir, l’autre une cible de protection effective à court terme. Mais la différence d’échelle est de deux ordres de grandeur, et elle n’a pas été explicitée à la tribune.

Le couloir est par ailleurs devenu un support d’activité économique. En septembre, la Chambre de commerce, d’industrie et des services a réuni à Kinshasa autorités, diplomates et entrepreneures autour du Couloir vert et du projet Proxis-Marché Péné Péné.

L’argument climatique de Kinshasa

Le couloir arrive dans le discours comme illustration d’une demande plus large. « Face à ces bouleversements, tous les pays ne portent ni la même responsabilité, ni le même fardeau. Ceux qui contribuent le moins au réchauffement climatique en subissent souvent les conséquences les plus lourdes », dit la Première ministre, qui cite les inondations, les sécheresses, l’érosion et les déplacements de populations.

Elle rappelle ensuite ce que la RDC abrite : une part essentielle du bassin du Congo, ses forêts, ses tourbières, ses eaux douces et sa biodiversité. Sur le financement climatique, la demande est formulée en trois critères. Il devrait être « accessible, prévisible et proportionné aux services rendus ». Et la conclusion est une mise en garde sur la dette : la justice climatique ne peut consister à endetter davantage ceux qui supportent déjà le coût des dommages qu’ils ont le moins causés.

Le contexte forestier est documenté. La RDC a perdu 559 439 hectares de forêt primaire humide en 2025, troisième total mondial, soit près de 5 600 kilomètres carrés, un ordre de grandeur comparable à la surface que le Couloir vert ambitionne de protéger d’ici 2027.

Une coalition africaine pour l’eau

Le discours porte une seconde initiative sur le même terrain. Dans le prolongement du Forum africain de l’eau tenu en juillet à N’Djamena, la RDC propose la création d’une Coalition africaine pour la sécurité hydrique, destinée à renforcer la coopération régionale et à mobiliser les financements nécessaires « pour faire de l’eau un levier de développement et de prévention des tensions ».

Le texte ne précise ni les États approchés, ni le calendrier de lancement, ni le cadre institutionnel envisagé pour cette coalition.

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B
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