En continu Beni : Face à Ebola et à l’insécurité, les journalistes en première ligne contre les rumeurs

Beni : Face à Ebola et à l’insécurité, les journalistes en première ligne contre les rumeurs

Beni : Face à Ebola et à l’insécurité, les journalistes en première ligne contre les rumeurs
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 2 SEPTEMBRE 2026 - 19:41 WAT · 3 min de lecture

À Beni, la désinformation est devenue aussi préoccupante que les crises qu’elle accompagne. Alors que la région fait face à la menace persistante des groupes armés, actifs depuis plusieurs années, et à la résurgence de la maladie à virus Ebola, les rumeurs contribuent à saper les efforts de riposte et à alimenter la peur au sein de la population.

C’est dans ce contexte qu’une vingtaine de journalistes de Beni ont participé à un atelier de trois jours organisé par la GIZ, en collaboration avec l’UNPC Beni. L’objectif était de renforcer les capacités des professionnels des médias afin de leur permettre de mieux identifier, vérifier et déconstruire les fausses informations liées à l’insécurité et à Ebola.

Selon le formateur, CT Mulonda Kafiamali, une rumeur peut être totalement fausse, partiellement vraie, déformée, sortie de son contexte ou encore volontairement manipulée. Dans un contexte sanitaire marqué par la circulation du virus Ebola, la propagation de fausses informations peut avoir des conséquences importantes sur la riposte et la prise en charge des malades.

Pour Moustapha Mulonda Kafiamali, président de l’UNPC Beni, l’un des principaux défis consiste à éviter qu’une crise n’en fasse oublier une autre.

« On a deux problématiques qui nous guettent. Les constats montrent que, du fait de se concentrer beaucoup plus sur la lutte contre Ebola, les gens oublient les difficultés que les victimes traversent dans la problématique liée au conflit dans la région de Beni », a-t-il déclaré.

Face à cette situation, il plaide pour la promotion d’un journalisme de paix, qui privilégie l’information responsable et contribue à la recherche de solutions.

« Ce n’est pas un journalisme qui cherche à arbitrer les faits comme s’il s’agissait d’un match de football où on a besoin d’un gagnant et d’un perdant, mais c’est beaucoup plus un journalisme qui cherche un intérêt d’entente », a-t-il renchéri.

Ce journalisme de paix doit notamment permettre de mieux expliquer les causes profondes des crises, de donner la parole aux différents acteurs, de lutter contre les discours de haine et d’éviter le sensationnalisme.

Moustapha Mulonda Kafiamali résume la ligne de conduite attendue des journalistes en deux principes : « Dire des choses sans nuire aux gens. Montrer les faits sans choquer les sensibilités ».

À travers cet atelier, les participants ont également été appelés à jouer un rôle accru dans la lutte contre la désinformation, en privilégiant la vérification des faits avant toute diffusion et en relayant des informations fiables auprès de la population.

Un appel a également été lancé à la population afin qu’elle fasse confiance aux médias locaux crédibles, respecte les mesures de prévention contre Ebola, notamment le lavage régulier des mains et la limitation des contacts physiques à risque, et évite de relayer des informations sanitaires non vérifiées.

Isaac Bin-Ngeve

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