Afrique Tshisekedi à São Tomé pour l’investiture de Carlos Vila Nova, réélu avec 55,94 %
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Tshisekedi à São Tomé pour l’investiture de Carlos Vila Nova, réélu avec 55,94 %

Félix Tshisekedi assiste à l'investiture de Carlos Vila Nova, réélu dès le premier tour le 19 juillet avec 55,94 % des suffrages, dans un scrutin marqué par 58,81 % d'abstention. L'archipel figure sur la carte de la campagne congolaise pour le secrétariat général de l'OIF.

Tshisekedi à São Tomé pour l’investiture de Carlos Vila Nova, réélu avec 55,94 %
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 3 SEPTEMBRE 2026 - 11:32 WAT · 4 min de lecture

Le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo est arrivé à São Tomé pour prendre part à la cérémonie d’investiture de son homologue Carlos Vila Nova, réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle du 19 juillet. Selon la Présidence de la République, ce déplacement illustre la qualité des relations d’amitié et de coopération entre les deux pays et réaffirme « la volonté de la République démocratique du Congo de contribuer activement au renforcement de la solidarité, de l’unité et de la coopération entre les nations africaines ».

Réélu avec 55,94 % dans un scrutin où six électeurs sur dix se sont abstenus

Carlos Vila Nova, 66 ans, a obtenu 55,94 % des suffrages au premier tour. Son principal adversaire, Nito Viegas D’Abreu, en a recueilli 41,42 %, devant Miques João avec 1,58 % et Eugénio Tiny avec 1,07 %. La Cour constitutionnelle a validé ces résultats le mardi 29 juillet, après que la Commission électorale nationale eut indiqué n’avoir relevé aucune irrégularité.

Le second chiffre du scrutin est celui de la participation. Sur plus de 142 000 électeurs inscrits, 41,19 % se sont déplacés, soit une abstention de 58,81 %. Le président réélu a promis de gouverner « avec tous et pour tous », propos rapportés par la radiotélévision nationale santoméenne.

Un président qui promulgue, un Premier ministre qui gouverne

La portée du mandat que Carlos Vila Nova entame se lit dans la Constitution santoméenne. São Tomé-et-Príncipe est un régime parlementaire : le chef de l’État y exerce principalement des fonctions de représentation et de promulgation des lois, tandis que le pouvoir exécutif appartient au Premier ministre. Ce sont les élections législatives, prévues fin septembre, qui désigneront le prochain chef du gouvernement.

Cette répartition des rôles a produit une crise institutionnelle il y a un an. En 2025, Carlos Vila Nova a limogé le Premier ministre Patrice Trovoada, une décision que la Cour constitutionnelle a ensuite jugée contraire à la Constitution. L’archipel, qui compte parmi les démocraties parlementaires les plus stables du continent, avait par ailleurs déjoué une tentative de coup d’État en 2022.

L’économie du pays, l’une des plus petites d’Afrique, repose sur le cacao, la pêche, le tourisme et des perspectives énergétiques. La Banque mondiale table sur une croissance moyenne de 3,7 % entre 2026 et 2028, pour un produit intérieur brut par habitant d’environ 4 222 dollars et un taux de pauvreté d’environ 13 % en 2024, attendu à 12,8 % en 2027.

São Tomé figure sur la carte de la campagne congolaise pour l’OIF

Le déplacement s’inscrit dans un calendrier diplomatique chargé. Il intervient au lendemain d’une visite de travail en Israël, où le chef de l’État s’est entretenu le 1er septembre à Jérusalem avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le président Isaac Herzog, et quelques jours après son itinérance au Kasaï-Oriental et la signature à Kinshasa, le 26 août, de la concession ferroviaire Dilolo-Sakania en présence du président angolais João Lourenço.

São Tomé-et-Príncipe n’est pas un point neutre sur cette carte. L’archipel figure parmi les capitales que Kinshasa a démarchées ces derniers mois en faveur de la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, aux côtés de Brazzaville, Dakar, Praia, Nouakchott, Lomé, Bruxelles, Luxembourg, Berne, Ottawa, N’Djamena, Bangui, Malabo et Le Caire. Le scrutin est fixé au 16 novembre 2026 à Phnom Penh, lors du huis clos électif du vingtième Sommet de la Francophonie, pour un mandat de quatre ans courant sur la période 2027-2030.

Dans une élection où chaque État et gouvernement membre pèse une voix, un archipel de 142 000 électeurs compte autant qu’un pays de cent millions d’habitants. C’est aussi à cette échelle que se mesure une cérémonie d’investiture.

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