Politique Bruno Tshibala: l’Occident n’en veut pas!

Bruno Tshibala: l’Occident n’en veut pas!

Comme Samy Badibanga, Bruno Tshibala ne reçoit visiblement pas le soutien de pays de la Communauté internationale, dont certains parlent déjà des "sanctions"

Bruno Tshibala: l’Occident n’en veut pas!
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 12 AVRIL 2017 - 10:38 WAT · 4 min de lecture

« Les États-Unis réitèrent leur déception que les signataires de l’accord du 31 décembre n’aient pas été en mesure de parvenir à un accord sur le choix d’un nouveau Premier ministre conformément à l’accord« , annonce un communiqué du département d’État publié par l’ambassade des Etats-Unis en RDC mardi.

Les américains s’ajoutent ici à la grande coalition des pays dits « de la Communauté internationale » qui ont tous boudé la nomination sur ordonnance présidentielle de l’opposant Bruno Tshibala au poste de Premier ministre, le 7 avril dernier.

Première à annoncer sa position, la Belgique, ancienne puissance coloniale a carrément affirmé que cette désignation de M. Tshibala, dissident du Rassemblement, ne respectait par l’esprit de l’accord signé le 31 décembre dernier entre le Pouvoir et l’Opposition.

« Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Didier Reynders prend acte de cette nomination qui s’écarte de la lettre et de l’esprit de l’Accord de la Saint-Sylvestre, qui prévoyait la nomination d’un Premier ministre proposé par le Rassemblement. Comme l’Union européenne, la Belgique est préoccupée par le fait que les autorités de transition ne disposent pas du large soutien nécessaire« , annonce un communiqué parvenu vendredi à POLITICO.CD.

Allant dans le même sens, la France exprime aussi sa désapprobation du choix porté sur l’ancien Secrétaire général adjoint de l’UDPS: « Nous exprimons notre grande inquiétude face au manque de consensus sur cette nomination, qui ne respecte pas les termes de l’accord du 31 décembre 2016. Alors que cet accord constitue la seule feuille de route crédible pour une sortie de crise, sa violation est porteuse de graves risques pour la stabilité et l’avenir du pays, dans un contexte marqué par une forte dégradation de la situation sécuritaire et des droits de l’Homme« , déclare ce communiqué publié lundi.

Dans les coulisses, le ton est un peu plus ferme. Un diplomate français interrogé par l’agence Reuters mardi est allé encore plus loin dans cette dénonciation. « Le Premier ministre devait être proposé par l’opposition et là le Premier ministre qui a été nommé n’a pas été proposé par l’opposition. Donc, l’accord du 31 décembre n’a pas été respecté« , a-t-on expliqué à l’agence de presse.

Du côté des Etats-Unis, on laisse même entendre des nouvelles sanctions contre Kinshasa, alors que Washington a déjà sur sa liste des officiels proches du président Kabila.  « Les États-Unis restent prêts à imposer des restrictions aux individus, qu’ils soient du gouvernement ou de l’opposition, qui sapent les institutions démocratiques de la RDC« , menace le communiqué.

Cette pluie de réactions a néanmoins fini par frustrer le gouvernement congolais qui, une fois de plus, a haussé le ton pour fustiger la violation de sa souveraineté.  Dans un communiqué publié lundi, le Chef de la diplomatie congolaise, Léonard She Okitundi fustige son homologue belge qui, selon lui,  n’a pas respecté les « canaux diplomatiques » convenus pour échanger avec la République Démocratique du Congo; ce qu’il dit regretter.

« Le ministère des Affaires étrangères note qu’à l’avenir, la non-observance de ces principes fondamentaux par ses partenaires, amènera impérativement le gouvernement de la République Démocratique du Congo à assumer ses responsabilités », tonne She Okitundu, vice-Premier ministre congolais des Affaires étrangères, dans ce communiqué dont la rédaction de Politico.cd s’est procurée une copie.

Le patron de la diplomatie congolais  proteste ici contre la dernière publication du vice-premier ministre belge indiquant que la nomination de Bruno Tshibala s’écarte de l’esprit et de la lettre de l’accord de la Saint-Sylvestre.

« Le ministère des Affaires étrangères confirme, en tout état de cause, que la nomination a été effectuée dans le strict respect de la Constitution, de l’esprit et de la lettre de l’accord politique du 31 décembre 2016 et constitue une consolidation du dit accord dont l’objectif primordial est l’organisation des élections crédibles, apaisées et transparentes« , rétorque la diplomatie congolaise.

Publié le soir du jour de la marche empêchée de l’opposition, ce communiqué rappelle que le droit de manifester est garanti par la Constitution. Et de préciser: « l’exercice de cette liberté peut faire objet de la part de l’autorité publique des restrictions prévues par la loi et constituant des mesures nécessaires dans une société démocratique au maintien de l’ordre public et à la sécurité nationale« . Sans détours, le communiqué cogne : « l’ingérence dans l’exercice de cette liberté s’explique exceptionnellement par un appel à l’insurrection« .

 

 


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