Climat et environnement Catastrophes : la RDC vise 500 millions de dollars de la Banque mondiale, mobilisables en urgence

Catastrophes : la RDC vise 500 millions de dollars de la Banque mondiale, mobilisables en urgence

Le gouvernement envisage de souscrire au Cat DDO, un instrument de la Banque mondiale qui met à disposition jusqu’à 500 millions de dollars d’appui budgétaire, décaissables dès qu’une urgence est déclarée. Le ministre des Finances l’a présenté au Conseil des ministres du 9 octobre.

Catastrophes : la RDC vise 500 millions de dollars de la Banque mondiale, mobilisables en urgence
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 12 OCTOBRE 2026 - 12:32 WAT · 3 min de lecture

Le gouvernement congolais envisage de souscrire au « Catastrophe Deferred Drawdown Option », un instrument de financement de la Banque mondiale qui met à disposition des ressources préapprouvées n’excédant pas 500 millions de dollars. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, en a informé le Conseil des ministres du vendredi 9 octobre 2026, qui en a pris acte.

Un prêt approuvé à l’avance, tiré au moment du choc

Le mécanisme ne verse rien tant que rien n’arrive. Les ressources sont négociées, approuvées et placées en réserve, puis mobilisables sous forme d’appui budgétaire dès qu’une urgence est déclarée. Le plafond annoncé représente 10 % du solde non engagé des ressources du portefeuille de la Banque mondiale en République démocratique du Congo.

L’intérêt tient au calendrier. Un financement d’urgence ordinaire se négocie après la catastrophe, quand les semaines perdues coûtent des vies. Un tirage différé se débloque dans les jours qui suivent. Le ministre a justifié la démarche par l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles, des crises sanitaires et des chocs climatiques.

Quatre mesures, non détaillées

L’instrument n’est pas gratuit en réformes. Il doit être accompagné de politiques destinées à renforcer la résilience urbaine, la préparation aux catastrophes et la capacité de réponse aux urgences. Le ministre des Finances a exposé quatre mesures stratégiques potentielles pour activer le mécanisme. Le compte rendu ne les nomme pas.

C’est pourtant là que se joue l’affaire. Ces conditions préalables sont la contrepartie du guichet, et elles engagent des administrations entières : codes de construction, cartographie des risques, chaîne de commandement en cas d’urgence, fonds national de réponse.

Une année qui justifie l’outil

Le besoin n’est pas théorique. Au cours de la seule période allant du 24 septembre au 6 octobre, la ministre d’État en charge des Affaires sociales a recensé devant le même Conseil des pluies diluviennes à Luiza, dans le Kasaï Central, un accident routier meurtrier à Kamalunda, dans la Lomami, un naufrage à Lukolela dans l’Équateur et une épidémie de choléra dans la Tshuapa.

S’y ajoutent une épidémie d’Ebola qui a dépassé les 8 600 cas et les 4 100 décès et, chaque saison des pluies, des inondations à Kinshasa dont le lien avec les caniveaux obstrués est documenté.

Odon Bakumba

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