CHUR (ex-Mama Yemo): l’intersyndicale exige la démission du comité de gestion et des poursuites pour «mauvaise gouvernance»
CHUR (ex-Mama Yemo): l’intersyndicale exige la démission du comité de gestion et des poursuites pour «mauvaise gouvernance»
AFP
L’intersyndicale du Centre Hospitalier Universitaire de Référence (CHUR, ex-Mama Yemo) monte au créneau. Dans une déclaration ferme et sans détour rendue publique à l’issue d’une Assemblée générale extraordinaire tenue ce vendredi 11 juillet 2025, les représentants syndicaux de l’hôpital dénoncent ce qu’ils qualifient de « gestion chaotique » de leur institution. Ils réclament, dans un délai de 48 heures, le départ sans condition de l’actuel comité de gestion.
Selon le document signé par onze syndicats professionnels du secteur, parvenu à BETO.CD ce mercredi 16 juillet, les dérives pointées du doigt sont multiples et graves : spoliation foncière, détournements de fonds, révocations illégales, gestion opaque, conflits d’intérêts, violations massives des droits du personnel, et insubordination manifeste vis-à-vis de la tutelle.
Parmi les griefs exposés, l’intersyndicale dénonce :
La spoliation du terrain abritant le service de transport et garage de l’hôpital, considéré comme patrimoine public ;
Le détournement des fonds destinés à la rémunération du personnel, avec une répartition jugée inégalitaire, arbitraire et contraire aux textes en vigueur ;
La révocation illégale de plus de 1.000 agents et cadres, sans l’autorisation préalable du ministère de tutelle, en dépit de l’implication du ministre de la Fonction publique ;
L’affectation irrégulière de nombreux agents, au mépris du statut de la Fonction publique et du Code du travail ;
Des passations de marchés publics irrégulières, entachées de conflits d’intérêts flagrants ;
La création d’une comptabilité parallèle, ouvrant la voie à de graves malversations financières ;
Le non-respect du personnel, marqué par des violations du code de bonne conduite des agents de l’État ;
Le mépris de la tutelle, avec un comité accusé de piétiner les règles élémentaires de gouvernance dans le secteur de la santé.
Un climat délétère incompatible avec la Couverture Santé Universelle
Les syndicats s’insurgent contre le fait que, sous la direction actuelle, le CHUR aurait perdu sa mission sociale pour se transformer en un établissement à visée commerciale, inaccessible pour les populations démunies. Selon eux, ce climat malsain compromet gravement les objectifs de la Couverture Santé Universelle prônée par le Chef de l’État.
« Le CHUR est devenu un projet inachevé, vidé de son âme sociale. Ce comité en place a trahi la vision présidentielle », accuse l’intersyndicale.
Des exigences claires : départ et justice
Face à cette situation, les syndicats exigent :
- Le départ sans condition du comité de gestion dans un délai de 48 heures ;
- Des poursuites judiciaires pour établir les responsabilités et faire respecter la loi, dans un souci de redevabilité.
Ils mettent en garde contre toute tentative d’intimidation, affirmant que leurs revendications sont garanties par la Constitution. Ils tiennent le comité responsable de toute atteinte physique ou morale qui pourrait être dirigée contre un agent ou un syndicaliste.
La déclaration est portée par un large front syndical, regroupant : SYNAMED, SYMECO, SYLIMED, SOLSICO, DISICO, SYNAGIS, UNTC, SYNTRAF, SYNAFET, SAPEC et SYNAPETAS.
Ce front commun reflète la gravité de la crise qui secoue ce qui fut autrefois le plus grand hôpital public de la RDC.
Christian Okende