Santé Ebola : un mois après, MSF juge la riposte « insuffisante » face à l’évolution de la maladie
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Ebola : un mois après, MSF juge la riposte « insuffisante » face à l’évolution de la maladie

Ebola : un mois après, MSF juge la riposte « insuffisante » face à l’évolution de la maladie
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 16 JUIN 2026 - 10:49 WAT · 4 min de lecture

Un mois après l’apparition de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) juge la riposte encore insuffisante face à l’évolution de la maladie. L’organisation humanitaire relève d’importantes faiblesses dans plusieurs maillons essentiels de la réponse, notamment le dépistage, la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts et l’implication des communautés, malgré les efforts récemment intensifiés sur le terrain.

Dans un communiqué daté du lundi 15 juin dont BETO a consulté, MSF appelle à une mobilisation urgente afin de mettre en place une réponse à la hauteur de la crise sanitaire en cours.

« Personne ne connaît l’ampleur réelle de l’épidémie en RDC, ni quelles sont précisément les zones où le virus circule. Ce que nous savons, en revanche, c’est que la plupart des centres de traitement en Ituri sont débordés, qu’un grand nombre de patients se présentent chez nous à un stade déjà avancé de la maladie, et que la majorité n’ont jamais été identifiés ni suivis comme contacts avant de se présenter aux soins », a déclaré Kate White, coordinatrice médicale d’urgence de MSF en RDC.

L’épidémie touche actuellement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est du pays. L’Ituri concentre à elle seule près de 95 % des cas recensés. Bien que la riposte soit pilotée par le ministère congolais de la Santé avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux, l’insécurité continue de compliquer l’accès à certaines zones affectées.

Selon les autorités sanitaires congolaises, plus de 650 cas confirmés et plus de 130 décès ont déjà été enregistrés. Toutefois, MSF estime que ces chiffres pourraient ne représenter qu’une partie de la réalité, en raison des difficultés persistantes à identifier et à confirmer les cas.

L’organisation humanitaire pointe particulièrement les limites du système de dépistage. Malgré le renforcement des capacités de laboratoire et le déploiement de centaines de tests mobiles adaptés au virus Bundibugyo dans l’est du pays, l’accès aux tests demeure insuffisant dans plusieurs zones, notamment celles touchées par l’insécurité.

« Le dépistage reste l’une des principales faiblesses de la réponse. De nombreuses zones ont encore un accès limité à ces tests, et les centres de traitement continuent d’attendre longtemps les résultats. Sans un dépistage plus rapide et largement disponible, il sera difficile de détecter les cas suffisamment tôt pour contenir l’épidémie », a poursuivi Kate White.

MSF rappelle également que les régions affectées subissent depuis plusieurs années les conséquences des conflits armés, des déplacements de populations et des insuffisances chroniques des services de santé. Ces facteurs compliquent considérablement la lutte contre Ebola et favorisent la propagation du virus.

Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où le nombre de cas confirmés demeure relativement faible, les défis liés au dépistage et à la surveillance restent néanmoins importants. Au Nord-Kivu, un seul laboratoire est actuellement disponible pour analyser les échantillons sanguins, ce qui entraîne parfois des délais de plusieurs jours, voire près d’une semaine pour l’obtention des résultats.

Parallèlement à la prise en charge des patients, MSF déploie des équipes dans des zones reculées et instables afin de renforcer les capacités locales de détection et de réponse aux alertes.

Silas MUNGINDA

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