Prévention routière : le Lualaba ouvre le chantier de la formalisation et de la digitalisation de la CNPR
Jean-Pierre Bemba a reçu le 1er octobre une délégation du Lualaba conduite par le ministre provincial des Transports, en présence de la présidente de la Commission nationale de prévention routière. Au programme, la formalisation et la digitalisation des services de la commission, avec centralisation des données et contrôle numérique.
Prévention routière : le Lualaba ouvre le chantier de la formalisation et de la digitalisation de la CNPR
AFP
Une délégation du Lualaba est venue à Kinshasa parler de numérique. Le vice-Premier ministre chargé des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a reçu en audience jeudi 1er octobre 2026 le ministre provincial des Transports du Lualaba, Jeffrey Masuka Saini, et le directeur provincial de la Commission nationale de prévention routière, Olivier Tanga, selon le compte rendu publié par le ministère sur son compte X. La présidente de la CNPR, Huguette Ngana Nsimba, a pris part aux échanges.
Les discussions ont porté sur la formalisation et la digitalisation des services de la commission, dans le cadre d’une stratégie de modernisation du secteur des transports.
Deux mots, deux chantiers différents
Le ministère annonce deux leviers. La centralisation des données, d’abord, c’est-à-dire la remontée vers un fichier unique de ce qui est aujourd’hui traité province par province. Le renforcement des mécanismes de contrôle par le numérique, ensuite.
Mais le premier des deux mots employés par le ministère est « formalisation », et il ne désigne pas la même chose que « digitalisation ». Numériser une procédure, c’est en changer le support. Formaliser un service, c’est faire entrer dans un cadre écrit une activité qui s’exerçait sans. Le communiqué ne précise pas lesquels des services de la commission sont concernés par l’une et par l’autre.
Le ministère inscrit cette démarche dans la vision du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour un système de transport « plus moderne, intégré, digitalisé et centralisé ».
Pourquoi le Lualaba vient en premier
Le choix de la province n’est pas neutre. Le Lualaba est le cœur minier du pays, et par conséquent celui de son trafic lourd. C’est par ses routes et ses rails que sortent le cuivre et le cobalt.
C’est aussi une province dont les infrastructures de transport sont sous tension. Plus de deux cents kilomètres de caténaires ont été volés sur le réseau ferroviaire, notamment sur l’axe Tenke-Lubudi, dans le Lualaba. Et le Corridor de Lobito, que Kinshasa présente comme un instrument d’industrialisation régionale, traverse cette région.
Un corridor qui fonctionne suppose des véhicules contrôlés, des conducteurs titrés et des données exploitables. Le contrôle routier n’est pas un sujet annexe du désenclavement, il en est une condition.
Une pièce d’un chantier plus vaste
La digitalisation des services publics avance sur plusieurs fronts simultanés. Le Sénat a déclaré recevable le 28 septembre une proposition de loi modifiant le Code du numérique. Le gouvernement veut dématérialiser les marchés publics et durcir les sanctions.
Le point commun de ces chantiers est la traçabilité. Une procédure numérisée laisse une trace horodatée que la procédure papier ne laisse pas. C’est ce qui en fait, au-delà du confort de l’usager, un outil de contrôle des recettes et des agents.
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